06.04.06
F/1. L'ignoble mensonge
Après avoir passé une nuit peuplée de cauchemars où Marilène, plus MLF que jamais, lui ordonnait de changer les couches des deux tétars pour mériter sa place dans le lit redevenu conjugal, même s’il tenait plus de la zone tampon que du champ de bataille, Aldon Juan prit une sage décision
-Le meilleur moyen pour ne pas m’appuyer la corvée de biberons et le ballet de couches, c’est encore d’aller me faire voir ailleurs. Il avait remarqué que depuis l’ouverture du quartier des affaires, il y avait de nouvelles townies qui ne demandaient qu’à lier connaissance avec les anciens habitants du quartier. Mais il se ravisa en feuilletant son agenda où le nom d’Anaïs était souligné au crayon rouge.
Il y avait des années qu’il l’avait perdue de vue après le rendez-vous où elle lui avait clairement laissé entendre qu’un brun n’avait aucune chance avec elle. Mais justement, les années passant, il n’était plus vraiment brun puisque ses cheveux avaient blanchi. Avec un peu de chance, Anaïs pourrait le considérer avec un peu plus de sympathie. Il lui donna donc rendez-vous à Crypto, la boîte à la mode. Anaïs l’accueillit d’une manière qu’il jugea encourageante
-Tiens ! Tu as les cheveux blancs maintenant Aldon Juan !
Hé-hé, elle avait remarqué ! Mais quand elle ajouta :
-Ton allure de latin lover en a pris un sacré coup ! il douta que ce fut vraiment bon signe.
Il hésita sur l’attitude à adopter, et finit par opter pour celle qui avait déjà fait ses preuves, celle du pauvre petit malheureux
-Ne sois pas cruelle Anaïs, si tu savais…
-Si je savais quoi ?
-Je suis malade… très malade. Pour ne rien te cacher, la médecine ne peut plus rien pour moi, et je ne voulais pas mourir sans t’avoir revue une dernière fois.
Ce qu’il faut pas entendre !
Comment Anaïs aurait-elle pu lui refuser un peu d’attention, après l’aveu qu’il venait de lui faire ? Elle accepta donc de dîner avec lui, s’inquiétant pour sa santé
-Mais enfin, Aldon Juan, tu es sûr de ce que tu dis ? Tu n’as pas l’air si malade que ça. Un peu vieux d’accord, mais en pleine forme
-Que tu crois ! Si je te disais que mes cheveux ont blanchi en une seule nuit, que je me suis retrouvé tout vouté et quasiment incontinent quand la veille encore je pétais le feu et la santé.
Anaïs lui prit la main s’efforçant de le réconforter
-Allons, allons, Aldon, ce ne peut pas être si grave que ça, qu’ont dit les médecins ? Ils t’ont dit que tu étais fichu ?
-N… non, ils ne l’ont pas vraiment dit comme ça, mais à moi, on ne la fait pas. Ils ont parlé d’un vieillissement prématuré, d’un chamboulement du métabolisme, quand tu penses que je n’ai que 50 ans et que j’en parais 70
-Meuh-non, t’en parais pas 70 ! Tu as encore de beaux restes Aldon !
-C’est vrai ?? Alors, tu n’aurais pas honte de te montrer avec moi ? Tu accepterais de danser un slow avec quelqu’un qu’on prendrait pour ton grand-père ?
Il est malin, l’Aldon Juan, il sait que le slow langoureux c’est sa botte secrète, et Anaïs qui ne saurait rien refuser à un mourant (elle ne le dit pas, mais c’est vrai qu’on dirait qu’il a 70ans bien tassés) accepte de le suivre sur la piste.
Après le slow, Aldon Juan essaye de pousser plus loin son avantage
-Si j’osais… Anaïs, je voudrais te donner un baiser, un vrai baiser, pas un petit bisou, ça me prouverait que je suis encore capable de plaire à une femme malgré tout. Tu ne peux pas me refuser ça, le dernier baiser du condamné.
Ben-non, elle ne pouvait pas !
Score : 67,75 points.
Mieux que ça, il en rajoute -Anaïs, ma chérie –tu permets que je t’appelles ma chérie ?- tu seras mon dernier amour. Je voudrais garder un souvenir de ce rendez-vous afin de pouvoir serrer ta photo contre mon cœur sur mon lit de mort.
Il filerait le bourdon à une armée de supporters en goguette après la victoire de leur équipe, avec son histoire d’agonisant. Anaïs n’est pas de pierre, elle accepte de le suivre dans la cabine du photomaton Aldon ne se sent plus de joie et le débris, bon pour le cimetière, retrouve toute sa vitalité pour lui sauter au cou.
C’est pas tous les jours qu’ils ont l’occasion de voir un mort en sursis à l’œuvre, alors, les clients de l’établissement l’encouragent à qui mieux-mieux.
Score : 71,75 points
-Tu vois bien que tu avais tort de t’en faire, tu n’es pas fichu Aldon Juan ! Je connais bien des petits jeunes qui n’ont pas autant d’énergie, dit Anaïs en réajustant son nœud papillon quelque peu de traviole après la séance.
-Moui… tu dis ça pour me rassurer. Mais si j’étais en bonne santé, c’est pas un petit crac-crac qui me suffirait. Quand j’étais en bonne santé, c’est deux, trois crac-cracs, que je pouvais aligner à la suite. Non-non, je suis fichu, je te dis, à moins que… tu veux bien qu’on retente le coup dans la voiture ? Mais je te garantis pas que ça va marcher
-S’il n’y a que ça pour te rassurer, on peut toujours essayer, propose Anaïs, bonne pâte.
Ah-ben, il devrait être tout à fait rassuré à présent, le don Juan, ce n’est pas demain la veille qu’on ira pleurer à son enterrement.
Score : 72,75 points.
Pendant que ce comédien d’Aldon s’offrait crac-crac sur crac-crac en jouant sur la corde sensible, Marilène, elle, était vraiment malade. Affaiblie par la naissance des jumeaux, elle avait attrapé une mauvaise grippe et crachait ses poumons entre deux biberons.
Si bien que lorsque Jehanne rentra de l’école toute excitée par son premier 20/20, elle trouva sa mère au lit. Elle eut beau lui pousser la chansonnette
-J’ai eu 20 sur 20, hin, j’ai 20 sur 20, tralalalère ! Elle se contenta d’ouvrir un œil glauque et resombra dans le sommeil, assommée par la fièvre.
-Papa, papa ! Maman est malade, elle est couchée ! Elle a même pas la force de me féliciter, gémit Jehanne
-Hé-bien, laisse-la dormir et va faire tes devoirs si tu veux avoir encore 20 sur 20 quand elle sera guérie, laissa tomber Aldon Juan. Si elle croyait qu’il allait se mettre en quatre pour la féliciter à la place de Marilène, elle se faisait des illusions la gamine. Il avait d’autres chats à fouetter.
Le chat qui le préoccupait à présent, c’était nounou Karelle. Il était rentré de sa virée en ville plus remonté que jamais –si j’ose dire. D’avoir réussi son coup avec Anaïs, l’avait mis en appétit, il aurait bien abusé de sa compassion en lui arrachant un troisième crac-crac, mais il l’avait usée, avec son énergie du désespoir feint. Quand il lui avait proposé un dernier verre chez lui, elle avait décliné l’invitation
-Je ne suis pas très en forme, mais toi, on dirait que tu tiens le bon bout, courage Aldon, il arrive que les médecins se trompent !
-Mais j’espère bien ! s’était dit Aldon qui avait fini par se persuader qu’il venait d’échapper à la mort, à force de répéter qu’il était condamné.
Il avait décidé de calmer ses ardeurs par un petit bain bouillonnant, et Karelle qui passait sa vie à le guetter, avait demandé la permission de l’y rejoindre. Enfin, elle s’était, comme qui dirait, un peu imposée
-Oh, monsieur Aldon, j’ai terminé mon service et rien qu’à l’idée de rentrer chez moi où il fait une chaleur à crever, je suis désespérée. Si seulement j’avais un jacuzzi, moi aussi. Ca doit être bien agréable si j’en juge par le temps que vous y passez. Enfin, je n’ai pas cette chance, je devrai me contenter d’imaginer…
Pour couper court aux jérémiades, il lui avait donc proposé de le rejoindre. Comme elle n’attendait que ça, elle lui prouva immédiatement sa reconnaissance en l’embrassant tendrement.
02.05.06
F/2. Boire un petit coup, c'est lamentable !
Aldon Juan n'en était pas encore revenu : des phénomènes étranges s'étaient produits à Simcity durant une nuit de pleine lune qui semblait ne jamais devoir finir. Au lever du jour, il en constatait le résultat dans le miroir, avec une grande amertume : Il avait du mal à se reconnaître en ce vieillard miteux dont le regard magnétique s'était fait la malle enveloppé dans sa panoplie de crooner-croulant.
-C'est pas dieu possible ! C'est pas dieu possible ! répétait-il inlassablement, comme pour bien s'en persuader, jusqu'à ce que les cris perçants de Jehanne viennent l'arracher à sa contemplation
-PAPA ! PAPA ! mes yeux sont tout pâles ! Je me reconnais plus, j'ai peur !
Elle disait vrai : Ces yeux si particuliers qu'elle tenait de lui -et qui lui rappelaient chaque fois, qu'hélas, il ne pouvait pas la renier celle-là- avaient subi la même transformation génétique inexplicable, passant du vert expressif au marron lavasse éteint. Maintenant, la petite le regardait d'un air incrédule Il se voulut rassurant Jehanne appela sa nouvelle amie, Chloé Lendro. Elle avait cessé de piquer des colères chaque fois qu'Aldon ramenait une conquête à la maison depuis qu'elle avait trouvé une oreille complaisante pour y déverser toutes ses misères. Après lui avoir raconté son incroyable histoire d'yeux qui avaient changé de couleur, elle lui confia qu'elle ne se marierait jamais, parce que les hommes... y avait rien de bon à en attendre. -Moi, j'ai intérêt à vérifier que mon sex-appeal n'en a pas pris un coup dans l'aile, et vite ! se dit Aldon. Tiens-donc, Karelle, cette bonne vieille Karelle, voilà le cobbaye idéal pour mon test. -Karelle, laissez-donc tomber les bébés pour une fois, nous avons des choses à nous dire, ordonna-t-il -Et voilà ! J'ai demandé une remplaçante, la maison est à nous, ma toute belle, annonça-t-il, tout fier de lui, en raccrochant le téléphone. Ca marchait comme sur des roulettes ! Karelle ne semblait pas rebutée par son nouveau look, elle n'y avait même pas fait allusion. Peut-être qu'elle avait besoin de lunettes, peut-être qu'elle ne pensait pas pouvoir retrouver pareille occasion, peut-être qu'elle était tout simplement polie, en tous cas, elle ne le repoussa pas lorsqu'il lui prit le menton en lui sussurant Les choses se présentaient au mieux. A peine sur le lit, en fait de discuter, Aldon Juan se mit à la câliner en lui débitant des mots doux au kilomètre
-YYYYYES ! C'est gagné, c'est dans la poche ! se dit Aldon, s'apprêtant à lui sauter dessus sauvagement. Mais il atterrit sur le lit que Karelle venait de quitter. Elle se tenait debout à côté. -JAI ENVIE DE FAIRE PIPIIII ! hurla Karelle, sautant d'un pied sur l'autre, les deux mains plaquées sur la vessie . Pendant ce temps là, la remplaçante s'occupait des béb... du bar. Erika était polonaise. Et il ne faut pas croire ce qu'on raconte : les Polonais ne sont pas tous saouls. Mais Erika, oui ! Dès qu'elle avait pris son service, elle n'avait pas cessé de faire la navette entre la chambre des jumeaux et le bar de l'entrée... Ah-non, je mens ! Une fois, elle avait fait un détour par la plantation de simflouzes et elle avait fait sa récolte. La perle dans toute sa splendeur ! -MAMAN, MAMAN ! Y a papa qui est au lit avec Karelle ! s'empressa d'aller moucharder Jehanne dès que Marilène mit le nez hors de la voiture -avec chauffeur, s'il vous plait- que mettait à sa disposition le laboratoire de Bertrand. Elle avait guetté l'arrivée de sa mère avec une grande impatience, priant le ciel qu'elle soit rentrée pour assister à la finale. C'est vous dire qu'elle ne fut pas qu'un peu déçue par la réaction de Marilène Marilène entra au bon moment : celui où Aldon embrassait Karelle langoureusement pour lui prouver qu'il n'était pas rancunier, d'une part, et avec le petit espoir de reprendre là où ils en étaient restés avant... ben avant les fuites. Suivant son principe : "Pourquoi se priver ? " Aldon Juan continuait à embrasser une Karelle en pâmoison, qui n'avait même pas remarqué que Marilène était rentrée. C'était donc vrai, qu'une paire de bonnes grosses lunettes lui aurait été bien utile. -Ouu-hic ! On m'a appellée ? Erika, qui s'en jetait un petit dernier pour fêter la fin de son service, apparut en ondulant dans le couloir. Elle s'esclaffa : -Hi-hi-hi ! Ce que c'est drôle, on se croirait à la télé quand les amoureux s'embrassent et que ça n'en finit pas. At-te-tendez, je vais mettre de la musique pour que ça fasse plus cinéma ! Marilène éclata Marilène, s'était précipitée dans la chambre. Ouf, Dieu merci, les bébés allaient bien ! Elle attrapa Rémy et le mit dans les bras d'Aldon tandis qu'elle allait préparer le biberon pour Romain Une heure après, sous le prétexte d'avoir à remonter sa garde-robe, Aldon Juan avait sauté dans sa voiture. Il appela Karelle -Allo, Karelle ! Venez donc, me rejoindre au bazar rapidos, je vous promets que ça vaudra le déplacement.
-Oh, papa, toi aussi, tes yeux... tes yeux ! ils sont tout drôles ! Qu'est-ce qui s'est passé ? Qu'est-ce qui nous est arrivé ?
Si seulement je le savais, songea Aldon. Depuis le temps qu'il prédisait qu'avec toutes les cochonneries qu'ILS balançaient dans l'atmosphère, il y aurait forcément des retombées un jour. Ah, tout n'est pas rose dans le progrès !
-Bon, ne t'en fais pas, tu es bien toujours la même, il n'y a pas à s'y tromper.
Si seulement, elle disait vrai. Si ça avait pu l'arranger un peu... mais non, toujours le même gros nez qui lui prend toute la figure, songeait-il en la dévisageant sans complaisance.
-Tu en es sûr ? Tu es sûr qu'on va me reconnaître ? demanda Jehanne
-Sûr et certain ! coupa Aldon. Elle commençait à lui plaîre à lui prendre la tête de bon matin. Comme s'il n'avait pas d'autres préoccupations.
-M-mais... comment tu feras si tu veux des enfants ? avait demandé Chloé
-Je me débrouillerai
-Tu te débrouilleras comment ? Si tu veux des enfants, tu ne pourras pas faire autrement que de te marier., l'informa Chloé. Il y avait belle lurette qu'elle ne croyait plus aux histoires de roses, de choux et de cigogne.
-Ben, si je dois absolument me marier... je me marierai, mais en tous cas, je ne ferai pas comme maman. Mon mari à moi, si jamais il a des poules, je le jetterai dehors. On sentait chez cette gamine fermenter le levain du féminisme.
-M-mais, monsieur Aldon, je ne peux pas, je risque ma place. Des jumeaux, ce n'est pas rien ! Dès qu'on croit en avoir fini avec un, c'est l'autre qui se met à piailler, protesta Karelle
-Ne vous en faites pas, je vais appeler une autre nounou, et nous pourrons discuter tranquillement. Vous vous souvenez de notre baiser dans le bain à remous ?
-Oh, monsieur Aaaldon, comment pourrais-je avoir oublié ? C'était le plus beau jour de ma vie.
-Hé-bien, Karelle, il ne tient qu'à vous de remettre ça, dit-il en l'empoignant pour lui en faire la démonstration -un bon baiser valant mieux qu'un mauvais discours. ... Et ce n'est qu'un hors-d'oeuvre, lse promit-il.
-Si vous veniez vous détendre avec moi sur le lit ? Nous serions plus à l'aise pour discuter.
-Ah, Karelle ! Comment ai-je pu vous ignorer si longtemps ? J'aurais dû tout de suite me rendre compte que nous étions faits l'un pour l'autre. Depuis hier, je n'ai cessé de penser à vous, à votre maillot de bain si sexy, au doux frottement de vos baskets. Croiriez-vous que cette nuit, j'ai cru l'entendre s'approcher de moi. J'ai ouvert un oeil, espérant vous trouver dans ma chambre, et non, ce n'était qu'un rêve ! Un rêve si doux, qui ne demande qu'à prendre corps aujourd'hui...
-OooOooh monsieur AaaAaaldon ! répondit Karelle, la voix toute tremblottante d'émotion. Monsieur AaaAaaldon, vous me troublez, vous m'étourdissez, vous me faites perdre la tête,
-Beu-ben ! Qu'est-ce qui vous prend, Karelle ? Vous ne voulez pas me faire plaisir ?
-Je ne PEUX pas ! Je ne PEUX pas ! Je suis confuse, si confuse... j'ai honte. Oh, j'ai hoooonte !
-Allons-allons, y a pas de quoi voyons ! Qu'est-ce qui vous gêne ? Marilène ? Elle s'en fiche pas mal. Jehanne ? Je lui expliquerai. Ce n'est tout de même pas que je vous fais peur ?! Je croyais avoir compris que les aventures, n'étaient pas faites pour vous déplaîre. Il leva les yeux au ciel. Ah, les bonnes femmes !
-Damned ! Je suis maudit ! songea Aldon. Il commençait sérieusement à regretter d'avoir usé un jour de congé pour aboutir à ce fiasco.
-Je peux y aller ?! implora Karelle
-MAIS OUI, vous pouvez y aller ! On n'est pas des sauvages !
-Oooh merci, monsieur Aldon, toujours cette voix énamourée qui, à présent lui tapait sur le système. Aldon préféra quitter la chambre.
-Avec Karelle ! Mais... alors, qui s'occupe des bébés ?
-Ben, la nouvelle nounou ! Erika jesépukoi-en-ski,
-Ah-bon, tu me rassures !
Quoi ! C'était tout ! Pas de cris, pas de larmes, pas de " Tu me le payeras Aldon Juan ! ". Pas de scène de ménage qui lui aurait rentré sa crête dans le bec, au coq du village. Ah-ça, quand elle serait grande, il n'était pas né le mari qui lui ferait ce coup là. Elle se jura que "quand elle serait grande" les hommes, elle leur ferait subir tout ce que sa mère subissait aujourd'hui. Si sa mère était trop faible pour se défendre, elle chausserait son armure et partirait, elle Jehanne, en croisade contre la gent masculine.
Erika, s'empressa d'aller camoufler les bouteilles de vodka vides, et ce faisant, elle déglingua le vide ordure qui se mit à sentir le cramé tandis qu'une fumée âcre s'en échappait par tous les bords.
Score : 73,75 points
-Aldon ! ALDON JE TE PARLE ! s'écria Marilène, trouvant que la plaisanterie avait assez duré
-Mmmm, smack, quoi ? !... mmmm, smack, grommela Aldon
-Les bébés ! Romain et Rémy. T'entends pas qu'ils sont réveillés ? Tu te figures quand même pas que je vais m'en occuper toute seule ! Lâche Karelle et viens avec moi. Au fait, Karelle, vous êtes virée, lança-t-elle dans la foulée.
-Mmmmm... Erika... pas besoin de moi, tenta Aldon.
Ca ne coûte rien d'essayer !
-Mais vous êtes... saoûle, ma parole ! ALDON ! ELLE EST COMPLETEMENT SAOÛLE ! ! Karelle, fichez-moi le camp, je ne veux plus vous voir ! ET VOUS NON PLUS ! ajouta-t-elle à l'intention d'Erika. Si elle acceptait d'avaler toutes les couleuvres quand il s'agissait d'elle, Marilène agissait en louve pour défendre ses enfants. Il fallait être complètement malade pour laisser ses précieux bébés sous la surveillance d'une ivrogne.
-Qu'est-ce qu'elle veut que je fasse de ça ? se dit Aldon, retenant un haut-le-coeur à l'odeur qui se répandait. Il n'eut pas à s'interroger bien longtemps
-Va le changer, et après, tu lui donneras son biberon, ordonna Marilène, sur un ton qui ne souffrait aucune contestation.
-Oooh, monsieur Aldon ! Que ne suis-je superwoman pour pouvoir vous rejoindre plus vite, répondit-elle.
Ah, tout de même ! Si la journée était passée trop vite, ils auraient la nuit devant eux. Aldon Juan commençait à trouver qu'il avait perdu assez de temps avec une nounou mal fagottée pour un malheureux petit point. Il se fit une promesse
-Si le cousin Pierrot a vent de l'affaire, il n'a pas fini de rigoler, mais... rira bien qui rira le dernier. Foi d'Aldon Juan, je concluerai ce soir, et plutôt deux fois qu'une !
11.05.06
F4. Le pitit score qui monte, qui monte...
Aldon Juan tenta sa chance avec une nouvelle townie, Aurore Briard. Coup de veine, elle ne connaissait pas grand monde à Simcity et accepta avec empressement le rendez-vous qu'il lui fixa. Durant le trajet, Aldon Juan tâta le terrain
-Jolie comme vous l'êtes, vous ne devez pas manquer d'amoureux
-Nan, mon coeur est à prendre. Je suis célibataire pour l'instant, autrement je n'aurais jamais accepté votre rendez-vous, vous pensez bien.
C'était tout bon. Aldon Juan reprit espoir. Il se mit à lui jouer ses grands airs de violon
-Comment ? Une si belle fille, et pas d'amoureux, mais, il faut arranger ça tout de suite ! Dès que je vous ai aperçue dans ma rue, mon coeur à moi n'a fait qu'un bond. Depuis, je ne pense qu'à vous et bla-bla-bla et bla-bla-bla...
La fille l'interrompit
-Vous portez toujours des lunettes de soleil la nuit ? dit-elle, cherchant son regard spécial derrière les verres fumés (m'étonnerait qu'elle arrive à le trouver, moi même...)
-Voui, toujours-toujours, je ne les quitte jamais, répondit Aldon Juan qui cherchait à passer incognito. Imaginez qu'un témoin de la scène de la veille le reconnaisse. Nan, il valait mieux pour lui continuer à jouer les James Bond.
Rassemblant ce qui lui restait de son célèbre charme de latin-lover... -c'est à dire, pas grand chose depuis qu'il avait blanchi, perdu son regard et sa tenue sexy- les lunettes et le baratin, Aldon Juan sortit son grand jeu.
-Savez-vous ce qui m'a séduit en vous ? La fleur que vous portez à votre oreille comme Carmen. Vous connaissez Carmen ?
-La sulfateuse à cafards ?
-Nan ! La Carmen de Bizet,
-???
-L'opéra...
-????????
-Bon, c'est pas grave. Je parie que vous avez un tempérament passionné. Parlez-moi de vos passions, Aurore.
-J'adore la danse
Si ça, c'était pas de la chance ! Il allait pouvoir lui montrer ce dont il était capable. Il proposa
-Super ! On se fait un petit slow ?
-Ah-nan, moi, ce qui me branche, c'est la breakdance, dit-elle démonstration à l'appui.
Aldon Juan, était consterné.
-C'est "ça" la breakdance, bonjour le tour de reins qui vous cloue 8 jours au lit ! Hum... en parlant de lit ça me donne une idée.
Bon, ce n'était pas l'idée du siècle : une bataille d'oreillers. Ce n'est pas tant que c'était de son âge, mais au moins, c'était sans danger. Et Carmen, heu ....Aurore, était restée très gamine, au fond. Elle s'amusait beaucoup, riant aux éclats sur son petit nuage de plumes.
La bataille d'oreillers, c'est comme tout, à la longue, ça lasse. Aldon Juan, soufflant comme un boeuf, mit les pouces le premier. Mais, il n'allait pas avouer que c'était parce qu'il commençait à fatiguer, nan-nan-nan, il était plus rusé que ça. Il proposa un petit massage qu'Ariane accepta avec empressement.
AH-NON ! Ces trucs-là, ça tombe toujours au mauvais moment. C'est quand même triste de vieillir : les ennuis de prostate, les sphincters qui se relâchent, une certaine faiblesse de la vessie... depuis sa mésaventure, Aldon Juan avait appris à reconnaître les signes annonciateurs d'une catastrophe imminente, bien plus fiables que la météo. Il préféra déserter le champ de bataille, le temps de se refaire une santé.
Ariane qui l'avait suivi, se demandant où il voulait en venir, ne fut pas déçue de la découverte.
-Ah-bon, c'est les toilettes que tu cherchais. Hé-bien, moi je vais faire un tour dans les boutiques, histoire de voir à quoi ça ressemble.
-Attends, attends, je te rejoins ! cria Aldon. Mais ses paroles se noyèrent dans le fracas de la chasse d'eau.
Il finit par la retrouver dans la salle de billard où elle commençait à lier conversation avec des types bien trop jeunes au goût d'Aldon. Il fallait conclure, et vite ! Aldon Juan se montra très empressé
-Ariane, savez-vous à quoi je pense, là, tout de suite ? Je meurs d'envie de vous embrasser.
Et voilà, suffisait de demander.
Score : 70,75 pts
Puisqu'elle semblait bien disposée, il lui proposa un petit tour dans la cabine du photomaton. Aldon Juan était devenu expert dans l'art du photomaton. Quand elle ressortit de la cabine, chancelant sous le coup de l'émotion, en lançant des "Aldon, oh Aldon, quel séducteur tu fais !" les habitués de la salle de billard s'interrogèrent sur ce qui avait bien pu se passer dans cette sacrée cabine.
Nous, non !
Score : 72,75 pts
Profitant de sa grande forme, Aldon l'invita aussitôt à remettre le couvert dans la cabine d'essayage. Ariane n'osait pas trop y croire. Remettre ça, comme ça, de suite, à son âge... Elle était curieuse de voir ça.
Alors, c'est pas un phénomène, mon Aldon ? Après la rebelotte dans la cabine d'essayage, Ariane ne jurait plus que par les vieux et leur grande expérience en matière de crac-crac insolites. Enfin, insolites pour elle, parce que pour Aldon, c'était la routine, il faut bien le dire.
Score : 73,75 pts
QUI a osé dire qu'il allait se fatiguer avant elle ? Nan-nan-nan, il était toujours prêt à repasser à table. D'autant que les compliments d'ariane concernant sa prestation, lui laissaient présager qu'elle non plus, ne serait pas contre un petit revenez-y dans la voiture. Et il s'empressa de lui proposer de venir s'y détendre un peu.
Or, -allez donc comprendre les femmes-, quand il inclina les sièges de la voiture, Ariane se redressa d'un bond
-ENCORE ! Mais tu es un vrai maniaque, ma parole ! Moi, j'ai ma ration pour aujourd'hui.
Il eut beau lui promettre, monts, merveilles et septième ciel, elle n'en démordit pas. Mieux, elle sortit de la voiture en claquant la portière
-J'ai dit NON ! Deux fois, ça suffit. Rappelle-moi demain, on verra si je suis disposée.
Aldon éclata en sanglots. Echouer, si près du but. Surtout qu'elle avait l'air partante. La vie était trop cruelle.
Pleure pas, Aldon, elle n'a pas dit, que tout était fini. Elle t'a dit : "rappelle-moi demain" c'est plutôt bon signe, nan ? Ce qu'il est sensible, mon Aldon !
23.05.06
F/5. Un petit goût de revenez-y
Sur le trajet du retour, Aldon Juan avait eu le temps de réfléchir et ses réflexions avaient débouché sur cet amer constat
-J'ai l'air d'un vieux shnock !
Il alla se coucher le moral en berne. Pas que le moral, d'ailleurs.
Il connut une nuit agitée, peuplée de cauchemars, où le cousin Pierrot se pavanait, la médaille d'or de la séduction autour du cou. Il finit par se lever avant le soleil et le cadeau mesquin que Karelle avait déposé devant sa porte, lui fit l'effet d'un électro-choc salutaire.
-Faut que je me ressaisisse, doit y avoir moyen de faire plus jeune.
Les cheveux en pétard, une nouvelle paire de lunettes et le type qui lui faisait face dans le miroir faisait un séducteur sur le retour tout à fait acceptable.
Bien sûr, s'il avait pu se passer de lunettes... En les ôtant pour s'assurer que non, décidément, il ne pouvait pas, il constata que son regard avait retrouvé son magnétisme. Restait plus qu'à retrouver aussi un slip convenable, et il disposerait à nouveau des atouts de sa séduction. Il lança à son image, un regard approbateur.
Un concerto à deux braillements l'arracha à son auto-contemplation. Les jumeaux étaient réveillés.
Aldon Juan alla leur donner le biberon et consentit même à les changer. C'est vous dire s'il était métamorphosé.
-Bien-bien-bien-bien, me reste plus qu'à enfiler des vêtements de jeune-vieux, et je serai pas plus mal qu'un autre. Pas plus mal que le Pierrot, en tous cas ! Parce que, le cousin aussi, -hé-hé-hé-, n'allait pas tarder à baptiser cent fois les toilettes, quand il serait passé de l'autre côté de la barrière.
Il décida d'aller regarnir son garde-manger. C'est que la poulette bien tendre, ça commençait à se faire rare sur les clayettes. Pas de chance; la première qu'il aperçut lui parut peu appétissante. Pas la peine d'appuyer sur le bréchet pour se rendre compte qu'elle manquait de fraîcheur.
Un petit coup d'oeil de prédateur dans le poulailler et il repéra une serveuse qui lui sembla bonne à croquer. Il lança ses travaux d'approche
-Voulez-vous danser mademoiselle ?
-Hem... c'est pas que ça ne me tenterait pas, mais je suis en service voyez-vous. Je ne peux pas quitter mon bar.
Elle ne l'a pas envoyé aux pelotes, Aldon Juan a marqué un point. Meuh non, pas un point pour le challenge (hausse les épaules). C'était juste façon de parler.
-Salut, Aldon Juan !
Mince ! Jeanne Marques. Aldon rengaine son charme.
- Salut Aldon, ça faisait une paye !
Rha, voilà l'autre maintenant. Décidément, l'endroit est malsain et la grippe aviaire n'y est pour rien. Bon, Deborah, c'est de l'histoire ancienne, elle a eu le temps de se faire une raison. Mais Jeanne...
-Heu, je crois qu'il va falloir que je vous quitte. Vous me manquez déjà... comment déjà ? Ah-oui, Erika.
Mais tout espoir n'est peut-être pas perdu. Aldon Juan tâte le terrain
-On pourrait se revoir, un de ces quatre ? Qu'est ce que vous en dites, Erika ?
Maintenant qu'il a retrouvé le prénom, il va le placer à toutes les sauces.
-Je ne dis pas non.
C'est toujours ça.
- Jeanne ! Ma chère Jeanne ! Quelle bonne surprise ! Où te cachais-tu, dis-moi ?
- Ben, je me cachais pas Aldon Juan. J'ai fait le pied de grue auprès du téléphone pendant quelques temps, mais comme tu n'appelais pas
- Je t'ai pas rappelée ? C'est pas possible ! Rha, la mémoire, ça s'arrange pas ! Viens, on va rattraper le temps perdu.
Il se lancèrent dans un slow prometteur et Aldon lui sussura à l'oreille
- T'as déjà essayé dans un bain à remous ?
- En tous cas, j'en ai pas gardé un souvenir impérissable, lui a assuré Jeanne
Aldon Juan s'est chargé de combler cette lacune dans un centre de remise en forme de Riverside.
Score : 74,75 pts.
Ils avaient passé une bonne partie de la journée dans le bain à remous et le rendez-vous touchait à sa fin.
- Il va falloir penser à mettre un terme à notre rendez-vous ma cocotte, pas trop déçue ? s'enquit Aldon.
- Déçue ?! Oh que non ! C'était un rendez-vous de rêve. Rappelle-moi, rappelle-moi, surtout, rappelle-moi, cette fois ! J'ai tellement hâte de remettre ça.
- Bien sûr que je vais te rappeler, c'est noté là, dit-il en se tapotant la tempe de l'index.
Mais ce qui était surtout noté là, c'est qu'ils n'avaient pas encore essayé ensemble de jouer à la voiture qui vole. Alors, pourquoi remettre à des lendemains hypothétiques, ce peut être fait un jour certain ? D'autant que le jour tombait à une vitesse vertigineuse, comme Aldon ne manqua pas de le faire remarquer.
-Va pas tarder à faire nuit, faut qu'on se quitte, là, maintenant.
Score : 75,5 pts.
Bien que tout à fait rassuré sur son potentiel de séduction, il décida de retester le philtre d'amour qu'il trimballait dans sa poche depuis des lustres.
- Ca doit bien servir à quelque chose ce truc là, non de d'là ! Et glou et glou, il l'avala d'une traite après avoir invité Erika à venir le rejoindre.
Qu'est ce qui m'a fichu un kamikaze pareil ? Et si le philtre n'avait que des effets pervers, encore une fois ? Il aurait bonne mine, mon don Juan.
29.05.06
F/6. Le philtre d'amour, mode d'emploi
A première vue, le philtre d'amour fait son petit effet. Erika est toute chamboulée
-Woah, il est trop ce mec, il m'affole
Mais Aldon Juan joue au modeste
- Il ne faut pas te mettre dans des états pareils pour moi, je ne suis qu'un homme tout ordinaire
- Toi, oui, confirme Erika, mais le type au polo bleu, derrière toi, lui, c'est vraiment le top du top.
Un petit coup d'oeil pour jauger la concurrence et Aldon Juan remonte au créneau
- Je vois pas de qui tu veux parler. Mais moi, tu me trouves comment ? Je te fais de l'effet ?
- Ben, tu l'as dit : tout ordinaire
Rha, le philtre doit être éventé. Aldon Juan décide de liquider le stock. Il s'en envoie un second flacon, cul-sec.
- On se ferait bien un petit bowling, qu'est ce que tu en dis Aldon ? Propose Erika.
- JE-NE-T'AI-PAS-INVITEE-POUR-JOUER-AU-BOWLING ! tempête Aldon. Enfin, Erika, si je te plais pas faut le dire tout de suite. Qu'est ce qui te fait craquer chez un homme ?
- J'aime les hommes qui sentent BON.
- Qui sentent "bon", qu'elle dise tout de suite que je pue, fulmine Aldon. Bon, il doit me rester un fond d'eau de toilette quelque part. J'en ai toujours sur moi depuis l'accident de l'autre soir.
Aldon Juan aurait-il découvert le mode d'emploi du philtre d'amour ? Ses effets conjugués à ceux de l'eau de toilette ont sur Erika des effets magiques.
- Aldon Juan, demande-moi tout ce que tu voudras, je suis à toi.
Il demanda une preuve, il l'eut.
Score : 79,75 pts
*Et ne me demandez pas le dosage de la recette. Botus et mouche cousue. J'ai appris à tenir ma langue.
Rentré chez lui au petit matin, Aldon eut juste le temps d'apercevoir Arkadia venue lui piquer son journal. Elle s'enfuit à sa vue, non sans avoir balancé un grand coup de pied dans la poubelle qui déversa sur le trottoir ses entrailles nauséabondes.
- Sale vipère ! grogna Aldon, tout en invitant Aurore qui arriva dans la minute.
- Il lui suggéra d'aller se détendre sur le lit,
- Le temps de ramasser ça, et je te rejoins, promit-il.
- Vous avez des chiens errants dans le quartier, interrogea Ariane.
- Nan, pas encore, mais on en parle. Pourquoi tu me demandes ça, Carmen ?
- Moi c'est Ariane, je te signale
- Ariane, Carmen, quelle importance ? Tu sais bien c'est à toi que je m'adresse
- Oui-ben, quand même !
Rha, mais qu'est ce qu'elles ont toutes à tenir comme ça à leur prénom ? Ce ne sont pas les prénoms qui manquent, y en a plein le calendrier. Bon, je m'en vais l'appeler ma poule, comme ça, plus de risques de se tromper.
- Viens faire un petit câlin, ma poule.
Et Dring, le téléphone maintenant !
- Ah-non, tu tombes mal Ambre, je suis occupé, là, tu vois. Nan, je peux pas te parler maintenant. Nan, n'insite pas, je te dis que je suis occupé.
- Si je te dérange, Aldon Juan, faut le dire tout de suite, je peux m'en aller
- Nan, tu ne déranges p... SI TU ME DERANGES ! JE TE DIS QUE JE SUIS OCCUPE. Ah, c'est un monde !
A défaut de la marguerite, Ariane effeuille les arbres à sous.
Et voilà, avec tout ça, Marilène est rentrée du travail. Elle est toute guillerette car elle a eu une promotion.
- Jehanne, j'ai encore été promue, qu'est ce qu'on dit à sa maman ?
- Super maman, t'es la plus forte. Et tu es la meilleure des mamans. Tu veux bien m'apprendre à danser ?
Elles se mettent à danser sur le trottoir, se font des chatouilles, s'amusent beaucoup. Bref le bonheur. Mais Toute bonne chose a une fin
- Bon, ce n'est pas le tout ça, ma petite fille, mais je dois apprendre ma mécanique. Bertrand m'a laissé entendre que je pourrais bientôt être nommée responsable de la recherche. Il faut rentrer maintenant.
Un spectacle navrant les attend à l'intérieur : Aldon Juan bécotte sa poule. La bonne humeur de Marilène en prend un coup.
Ducanapé où elle révise sa mécanique, elle lui lance d'un ton acerbe
-Et si tu te rendais utile, pour changer ? Ramasse-donc les biberons qui traînent dans toute la maison.
Ariane ne le quitte pas d'un semelle
- C'est ta femme ?
-Ouais, c'est Marilène
- Elle ne va rien dire si je suis là ?
- Meuh-non, t'inquiète pas pour elle. Fais comme si elle n'était pas là.
Ariane s'esclaffe
-Oh-ben, quand même, juste sous son nez ! Elle a les idées larges, ta femme.
- Ca te gêne tant que ça, la présence de Marilène ? S'avise Aldon. Tu préfèrerais plus d'intimité ? Viens dans ma chambre, on sera tranquilles. T'as déjà fait ça contre un mur ?
-OUINNNN ! MAMAAANNN ! Y a papa qui dit des horreurs.
Et il voudrait me chasser de la chambre où que je faisais mes devoirs tranquille.
- Pour tes devoirs, tu as un bureau dans TA chambre ! se défend Aldon.
- Oui-mais dans ma chambre, y a pas trop de place.
- Je veux pas le savoir ! Ca c'est NOTRE chambre, tu n'as rien y à faire.
- Ouin MAMAAANNN, il fait rien qu'à me contrarier.
Elle me contrarie aussi, la petite
Score : 79,50 Pts
Ariane est de plus en plus gênée.
- Ecoute Aldon, je crois qu'il vaut mieux que je m'en aille, je ne voudrais pas créer d'histoires
- Mais-non, reste ! reste encore un peu ! On a rien eu le temps de faire.
Il l'a coincée dans le jardin qui fleure bon le romarin et plaide sa cause, encore une fois en poussant des yeux de chien battu
- Personne ne peut nous voir, là. Je t'en prie Ariane, je t'en supplie, viens dans le bain à remous avec moi.
Ariane a fini par fléchir. Alors, ce fut l'apothéose, le feu d'artifice aquatique, les grandes eaux de Versailles, et le top du top : Un point !
Score : 80,50 Pts.
Rien de tel qu'un petit crac-crac pour mettre mon Aldon en forme. Il ne pense qu'à remettre ça et appelle Erika.
- Merci de m'avoir réveillée. Tu ne dors donc jamais, Aldon Juan ?
- Oh, désolé, je me rendais pas compte de l'heure. On peut se voir demain, si tu préfères.
-Ouais, je préfère. Je passerai chez toi dans la journée.
Marilène commence à en avoir plein le dos de la mécanique et du don Juan.
- Ca y est, les poules sont couchées ? Occupe-toi des bambins, moi je prends ma douche et je vais au lit, j'en ai ma claque pour la journée.
Jehanne l'a suivie dans la salle de bain.
- Maman, comment tu peux le supporter ?
- Supporter quoi, Jehanne ?
- Ben papa, qu'il ramène des poules, qu'il sorte en ville tout le temps. Ca ne te rend pas malheureuse ?
Marilène a avalé des leçons de psycho
- On se fait à tout, soupire-t-elle. Ton père aspire à l'amour, mais il ne sait pas ce que c'est. Il a besoin de se prouver qu'il est un grand séducteur.
- Tu parles d'un séducteur ! Un minable, un bon à rien ! Si encore il était discret. Mais vraiment, là, il se fiche du monde. Je lui en ferais voir, moi, des séducteurs !
Je me demande bien à qui elle pense.
30.05.06
F/7. Le défi de Jehanne
Même pas vrai qu'Aldon Juan ne s'occupait pas des gosses. Bon, fallait que Marilène l'y pousse, mais tant que c'était pendant les heures creuses, il ne se faisait pas trop prier. Il affichait cependant une préférence honteuse pour Rémy. Y avait qu'à pas lui avoir collé de force dans les bras au moment de l'anniversaire. Il l'éduquait, à sa façon.
- Viens par ici, petit bonhomme, viens voir papa. Ah, tu seras un terrible, toi, je le sens. T'en briseras des coeurs quand tu seras grand.
Il avait même poussé le zèle jusqu'à lui enseigner le pot. Remarquez, c'est pas pour diminuer ses mérites, mais c'était un peu intéressé. Parce qu'il trouvait que c'était un peu souvent revenu, la corvée. Alors il s'en était débarrassé tout en faisant plaisir au bambin. D'une pierre deux coups. Aldon Juan n'était-il pas spécialiste des coups à répétition ?
Le lendemain, il prit un jour de congé. Avant de partir, Marilène avait laissé ses consignes - Oui-oui, t'inquiète pas, lui avait-il assuré, mais il n'avait pas pris un jour de congé pour ça. Il attendait la visite d'Erika. Il appela l'agence de placement pour demander une nouvelle nounou. Et zut, c'était encore Karelle. - NON FALLAIT PAS ! -Je croyais que Marilène l'avait virée celle-là, ils vont m'entendre à l'agence de placement. C'est vraiment du n'importe quoi, et Erika qui doit arriver d'un moment à l'autre. Sur le coup de 15 heures, Aldon Juan avait le cafard. Toute la journée, il avait attendu Erika s'occupant au téléphone et évitant de croiser Karelle qui le poursuivait dans toutes les pièces. Il fallait se faire une raison, Erika l'avait oublié. Hé-non ! Il avait eu tort de désespérer, Erika arriva pile-poil synchro avec le bus scolaire et la voiture de fonction de Marilène. -Excuse-moi Aldon Juan, j'ai dû remplacer une collègue au pied levé. T'es toujours partant pour le rendez-vous ? - NAAANNN je veux pas dire bonjour à la dame ! 80,25 pts - C'est vrai qu'elle est spéciale ta fille, approuva Erika Sitôt descendu de voiture, Aldon Juan s'acquitta d'une formalité : Le baiser langoureux de la mort qui tue. Nan-nan-nan, il ne l'avait pas oublié, faut pas rêver ! 81,25 pts
-Tu sais où sont les toilettes, ici, toi Aldon ? - Suis-moi poulette, je connais l'endroit comme ma poche, après, si tu veux, on ira se faire une petite photo romantique au photomaton - Vrai ? J'adore me faire tirer le portrait. A défaut de portrait... Score : 82,25 pts Après le tirage, y avait pas photo : Erika était emballée. Aldon Juan put procéder à ses petites emplettes perso. Il renouvela le stock d'eau de toilette et la garde-robe des gamins. Il en profita pour fouiller dans le rayon des sous-vêtements et dénicha un slip sexy. Enfin, sexy... A vous de juger. Score : 83,25 pts Erika c'était pas Ariane. Après la séance dans la cabine, elle en redemandait encore. Quand il débarqua à la maison, Jehanne s'apprêtait à souffler les bougies. Décidément, Marilène lui cédait trop. Il fallait qu'il mette les pieds dans le plat - Je n'en attendais pas moins de toi "papa". Elle avait mis dans son "papa" tant de mépris, qu'il le reçut comme un crachat. Pas le temps de se ressaisir, Romain grandissait à son tour. Il faillit mourir d'une crise cardiaque en découvrant qu'il avait des pattes d'ours en guise de pieds. Fallait s'y attendre, Romain présentait la même tare congénitale. Et encore fallait pas trop se plaindre, seuls les membres inférieurs étaient atteints. Aldon Juan était assis : Deux gamins; deux monstres ! Nan-nan-nan, on ne lui ferait jamais avaler qu'il était le père de ces machins. Il chercha dans ses souvenirs... mais non, il n'y avait jamais eu d'ours brun dans la famille. Pas dans son côté, en tous cas. Du moins, pas à sa connaissance. - Pourquoi, tu dis rien papa ? Il s'apprêtait à dire tout le bien qu'il pensait de ces chaussons de malheur, quand il entendit Jehanne Trop préoccupé par les pieds de ses supposés fils, Aldon ne s'était pas attardé sur la personne de Jehanne. Il n'en attendait rien de bien, de toute façon. Aussi fut-il surpris de découvrir qu'en tant qu'ado, -sans casser trois pattes à un canard-, elle n'était pas trop vilaine. Bien sûr, il y avait toujours ce nez, qui chez un homme était plutôt bon signe, mais dépareillait dans un visage de toute jeune fille. A côté de ça, elle avait bien hérité de son regard magnétique et Aldon Juan estima que, si elle savait jouer de la prunelle, elle aurait pourrait peut-être faire oublier la grosseur de son appendice nasal. Mais Jehanne espérait de lui un mot tendre, un compliment - Ah-non, reviens ! Tu ne m'as pas répondu : Comment tu me trouves ? - Ben... heu, je ne sais pas trop quoi te dire Jehanne. Y a mieux, y a pire... tiens si tu prends Sonia Gaillard, à côté d'elle tu es une reine de beauté. Elle eut vite fait de traduire - Tu veux dire que je te déçois ! Tu veux dire que tu me trouves laide ! Tu penses que je ne serai pas capable de plaîre ? Et toi, le séducteur à la manque, tu te crois beau ? Tu te crois malin ? QUATRE FOIS tu t'es fait prendre en flagrant délit, bon à rien ! QUATRE FOIS tu as brisé le coeur d'une femme et de maman en particulier. N'importe qui aurait fait mieux. - Là, je t'arrête tout de suite, Jehanne, ça reste encore à prouver, tenta d'argumenter Aldon Elle sortit comme une furie. Aldon tenta de la retenir -JEHANNE !! Où crois-tu aller comme ça ? - C'est pas que je crois, c'est que je vais ! Je prends la voiture et je drague en ville, comme toi "papa". Si tu comptais sortir ce soir, tu repasseras. J'ai droit à mon cadeau d'anniversaire aussi. J'ai le droit qu'on me dise qu'on me trouve belle, j'ai le droit à l'amour moi aussi. Ces derniers mots, moururent dans un sanglot.
-Tu t'occupes des jumeaux, ce soir c'est leur anniversaire, arrange-toi pour qu'ils grandissent bien
- Tu as trouvé mon petit cadeau Aldon ? s'enquit-elle, le dévorant d'un regard gourmand
- Le soliflore avec la rose ? Fallait pas, Karelle, fallait pas
- Oh si, Aldon, ça méritait bien ça
- Et comment donc, plus que jamais ! Mais, je préfèrerais que ça se passe ailleurs. Ma fille est un peu perturbée, en ce moment elle pleurniche pour un rien. Hein, Jehanne ? Dis bonjour à la dame.
-Tu vois ce que je t'avais dit, elle est spéciale. Ca doit être la puberté qui la travaille. Et toi, Jehanne, cesse de pigner, ça ressemble à quoi ?
Score : - 0,25 :
- M'en parle pas, c'est l'horreur ! C'est à cause de Marilène, elle lui cède tout. S'il n'y avait que moi, une bonne taloche, et elle saurait pourquoi pourquoi elle pleure. Mais on est pas là pour parler de Jehanne, n'est ce pas poulette ? Allez, je t'emmène aux boutiques du coin, tu verras, c'est assez sympa.
Erika fit la moue
- J'avais pensé que tu m'emmènerais au restaurant, Aldon Juan, j'aimerais tellement aller au resto avec toi
- Ben-non, là tu vois, j'ai prévu de faire des emplettes. Les bambins vont fêter leur anniversaire, faut que je fasse le plein de vêtements. D'ici qu'ils se retrouvent affublés en crocodile ou en requin marteau...
Score :
Oh, qu'elle était bien Erika ! Si seulement elles étaient toutes comme elle !
- On va où maintenant Aldon Juan ? T'en connais d'autres des coins comme ça ?
- Ah nan-nan-nan, on va nulle part. Je t'ai dit que c'était l'anniversaire des jumeaux, faut que je rentre chez moi, sinon, je vais me faire appeler Marcel.
- Ooooh Aldon, c'était si bon, je me serais crue au paradis. On remettra ça, hein ? Promets-moi qu'on remettra ça.
Il sortit sa stratégie de repli
- Quand tu veux, Erika, quand tu veux. Dès que j'ai un moment, je te fais signe.
- Rha, Jehanne, tu es assez grande pour comprendre que c'est l'anniversaire des jumeaux, pas le tien ! Attends ton anniversaire, tu en auras aussi des bougies
- C'est peut-être l'anniversaire des jumeaux, mais c'est celui de Jehanne aussi. Tu l'avais oublié, Aldon ?
C'était quoi, cet accent triomphant qu'elle avait mis dans sa question ?
- Quoi ? c'est déjà l'anniversaire de Jehanne ? Pourquoi tu ne m'as rien dit, Marilène ? Tu m'excuseras, je ne t'ai pas rapporté de cadeau, dit-il en se tournant vers sa fille
Brrr, Aldon Juan en eut des frissons dans le dos. Ils allaient l'appeler papa, avec tendresse, certes, mais papa quand même.
- Tu les trouves pas beaux nos chaussons de nounours, dis papa ? C'est ça ? Tu les trouves pas beaux ?
Des quoi ? Qu'est ce qu'il disait le monstre ? Des chau-ssons ! Mais ça va pas de nous faire des frayeurs pareilles !
- Et moi, tu me trouves comment, "papa" ?
A ce moment là, le téléphone sonna et il se précipita pour répondre.
Allez savoir pourquoi, c'était pas le genre de compliment qu'elle attendait.
- C'est tout prouvé ! N'importe qui ! Tiens, moi ! moi ! moi ! Aussi vrai que je m'appelle Jehanne, je ferai mieux que toi !
- J'ai le droit à l'amour aussi, répéta-t-elle dans la voiture, essuyant d'un geste rageur les larmes qui coulaient sur ses joues.



















































































































