17.02.06
D/1 Le lundi au soleil
Le lendemain, il décide de dire son fait à Emilie, la jardinière.
C’est vrai qu’elle n’en fiche pas lourd. Vous avez vu l’état du jardin ?
Il attaque fort
-Ah, ça, si vous vous voulez que nous soyons bons amis, il va falloir que ça change ! Et les fleurs ? Ca vous arrive de penser à les arroser ? On a été obligés d’en jeter la moitié. Vous ne taillez pas les haies, vous laissez des mauvaises herbes partout et vous laissez crever les fleurs, on se demande pourquoi on vous paye !
Emilie, ne se démonte pas
-Parlons-en de la paye ! C’est pas avec ça que je pourrai m’offrir la rivière de diamants dont je rêve. Maintenant, si vous étiez un peu plus gentil, je ferais peut-être mieux mon travail. Quand on veut être bien servi, il faut avoir des égards pour le personnel.
La colère lui sied. L’ardeur qu’elle met à se défendre laisse deviner à Aldon Juan que cette fille a du tempérament. Il devrait apprendre à la connaître un peu mieux.
-Mais je suis tout prêt à vous montrer que vous ne m’êtes pas indifférente. Allez, je vous emmène au parc. Vous me ferez part de vos griefs
Et donc, le jour même, alors que Marilène commence à se demander si à force de semer à tous vents, Aldon Juan n’aurait pas récolté un petit pépin, il se retrouve au Centre Sud avec Emilie la jardinière.
Emilie est ravie de la sortie. Elle s’éclate comme une petite folle et Aldon Juan se sent rajeunir. La nature l’inspire, il ne sait pas quoi inventer pour plaire à la belle jardinière.
Mais il s’aperçoit très vite qu’Emilie a d’autres idées en tête. Cette façon qu’elle a de lui masser les fesses en lui plantant son regard dans les yeux lui laisse présager qu’il pourrait peut-être s’aventurer…
OUI !!! Bien vu Aldon Juan ! Et un point de séduction, un !
Score : 28 pts
Le centre sud, c’est bien pour conter fleurette, mais c’est bon pour les petits jeunots. Aldon Juan tout comme Emilie a des désirs moins innocents. Il décide de l’emmener à sa boutique préférée où il fait figure de héros. En montant dans sa belle voiture, il croise un gars pas trop aidé par la nature et ne veut pas croire ce qu’on raconte : que sa belle cousine Colombine aurait eu une liaison avec ce type. Il ne lui savait pas de si mauvais goûts.
Un petit coup d’œil sur le voisinage avant de rentrer,
pour surveiller qu’il n’y a pas de danger à l’horizon.
Et encore un petit coup d’œil avant de grimper aux rideaux.
Score : 32 pts
Dans la voiture, Emilie ne tarit pas d’éloges sur la séance d’essayage. Mon Aldon Juan, l’essayer, c’est l’adopter !
Et avant de la raccompagner, il l’entraîne sur la banquette de la voiture, bien plus confortable que celle de la Smoogo. Y a pas photo !
Score : 33 pts
Le soir, il fait son petit compte-rendu à Marilène.
-Ca y est, j’ai parlé à la jardinière, elle a promis qu’elle s’améliorerait. J’ai décidé de lui laisser une chance.
-Tu es trop gentil Juan, moi, je l’aurais virée sans hésiter.
A défaut c’est lui qui est viré.
Parti au travail d’un cœur léger, mon pauvre Aldon Juan en revient démoralisé. Il a perdu son boulot.
Et tout ça pourquoi ? On lui demande d’apporter des disques sans plus de précisions. Il sort les derniers tubes du moment et tombe sur quoi ? Une réunion de retraités. Ces imbéciles se prennent pour des petits jeunes, et une vieille se prend une gamelle et manque d’y laisser ses os.
Aldon Juan y laissera sa place et sa réputation.
Quelle pitié !
Il s’en veut à mort et voit dégringoler ses chances d'avoir son désir à long terme.
Mais-non, tu n’es pas bon à rien Aldon Juan ! Ressaisis-toi, que diable !
D/2 C’est le carême !
Et allez donc, encore un bouquet de roses rouges !
Je ne voudrais pas me répéter mais…
ELLES NE POURRAIENT PAS LUI OFFRIR AUTRE CHOSE ?
Ah-ben voilà ! J’ai bien fait de râler.
Emilie s’est ravisée, elle lui a apporté une console de jeux vidéos.
Si ça ne fait pas le bonheur d’Aldon, ça fera peut-être celui de ses enfants.
Parce que, de ce côté là, les choses semblent se préciser. Marilène souffre de nausées matinales. Elle ne supporte plus qu’Aldon la touche, et guette fébrilement l’arrivée du courrier dans l’espoir d’y trouver le résultat du test de grossesse déposé au laboratoire.
Quand à Aldon, c’est le journal qu’il guette dans l’espoir d’y trouver un travail.
C’est son jour de chance, y a justement une place de caddie de golf. Il redémarrera au bas de l’échelle, mais espère regagner ses galons de DJ.
Marilène est comblée, le résultat du test est positif. Elle annonce la bonne nouvelle à son mari.
Aldon Juan, déjouant les plus sombres pronostics, se déclare ravi à l’idée d’être papa. Si tous les aspirants à l’amour se mettent à lui ressembler, le psy va pouvoir pointer au chômage à son tour.
Mon Aldon Juan a brillamment passé l’épreuve des fiançailles puis celle du mariage, et je le sens mûr pour encaisser la naissance sans sourciller.
Il est rentré du travail à 15 h ayant décroché sa première promotion. Mais Marilène a fait jouer ses congés de maternité. C’est râpé pour draguer. La question, maintenant, c’est : comment occuper utilement le reste de sa journée ?
Il a une idée géniale. Il appelle Denise.
Hé-hé, Denise, Aldon Juan va te faire payer toutes les misères que tu lui a faites. Il s’est encore bricolé un truc d’enfer en recyclant l’aspirateur de la maison. Il en a fait un aspirateur de connaissances.
Mais ne me demandez pas comment ça marche, parce que maintenant, il se méfie de moi. Il paraît que je ne sais pas tenir ma langue.
En tous cas, ça a l’air de marcher. Suivant le principe des vases communicants, Denise se retrouve un peu moins calée en logique et Aldon devient redoutable au jeu d’échecs.
Il l’a pompée jusqu’à la moelle !
Et rusé, en plus ! Entre deux lavages de cerveau, il lui passait la main dans le dos, lui racontait des petites blagues, lui déballait les ragots du quartier. Si bien que Denise ne pouvait pas lui en vouloir. Un homme si charmant, pensez-vous !
Pendant la grossesse de Marilène, mon don Juan vit comme en prison. C’est le carême niveau crac-crac. Il a tout de même des scrupules. Enfin, surtout, il manque de temps. Maintenant qu’il travaille de nuit et que Marilène est toujours sur son dos, comment voulez-vous qu’il arrange ses petites affaires ?
Histoire de préparer l’avenir, il a décidé d’entreprendre la bonne, en tout bien tout honneur, attention ! Kérine lui a clairement laissé entendre qu’il ne lui était pas indifférent. Mais, il se contente de cultiver la relation sur le plan amical. Pas si fou !
Et il a drôlement du mérite. Parce que la conversation de la bonne… il se retient de toutes ses forces de ne pas parler avec les mains. Enfin, ils sont meilleurs amis, c’est toujours ça de gagné.
Marilène, de son côté, met sa grossesse à profit pour parfaire ses talents en cuisine et en logique.
A l’occasion, elle s’occupe des plantations. Bref, la routine.
Aldon Juan suit avec intérêt l’évolution de la grossesse
-Ca fait combien de temps déjà ? Il y en a encore pour longtemps ?
-Demain je serai débarrassée
Et lui, donc !
Il est temps que ça se termine, Aldon Juan n’en peut plus. Il en est à se demander qu’elle idée il a eue de se marier.
Mais, il était obligé, le pauvre. Se marier et avoir un enfant, ça faisait partie du challenge. Le roi des séducteurs doit savoir, non seulement séduire, mais aussi tromper honteusement sa femme sans se faire prendre.
Autrement, où serait le mérite ?
Il a tout de même pris le temps de faire plus ample connaissance avec Anaïs Picard, la serveuse du Londoste.
Même si la période est morose, Aldon Juan se prépare des lendemains qui chantent.
Juste quand il commençait à croire que ce jour n’arriverait jamais, Marilène a enfin donné naissance à une petite fille : Jehanne.
Aldon Juan était fou de joie. Non seulement il devenait père, mais Marilène allait reprendre le travail.
Quel soulagement. La grossesse lui avait pesé davantage encore qu’à sa femme.
Attendez ! Attendez que je la regarde d'un peu plus près, cette petite.
Oh, elle a hérité du regard magnétique de son père. Ca promet !
D/3 En avant la musique !
Aldon Juan ne s’est pas senti aussi heureux depuis… l’annonce des congés de maternité de Marilène. Il a retrouvé sa liberté d’action. Il se sentait rouiller, mais on va voir ce qu’on va voir. Il va mettre les bouchées doubles.
Il a incité Marilène à reprendre son travail tout de suite. Vous pensez bien.
Marilène n’était pas très chaude.
-Mais… j’ai encore droit à des congés. Je voudrais m’occuper de ma fille. Elle a besoin de sa mère.
-Taratata, je vais engager une nounou professionnelle, la petite sera dans de bonnes mains. Je ne suis encore que caissier, et il faut bien payer les traites de la voiture, on a besoin de ta paye, chérie.
Et c’est ainsi que Karelle Lawson, la voleuse nounou professionnelle, a débarqué chez les Aldon.
C’est ainsi qu’elle a découvert dépitée, qu’Aldon Juan avait transféré ses arbres à simflouzes dans son laboratoire secret, verrouillé, fermé, barricadé, impossible d’accès. Non-mais !
-Presse-toi, mais presse-toi donc chérie, tu vas rater la voiture.
Marilène a eu beau lui assurer qu’elle avait une heure devant elle, il l’a presque poussée dehors. Et il s’assure qu’elle ne va pas se raviser au dernier moment.
-Tu t’occuperas de Jéhanne ?
-Mais oui-oui-oui, je m’en occuperai, ne t’en fais pas. Allez, va ! Va travailler ma chérie.
OUF ! Elle est partie. Aldon Juan saute dans sa voiture et se rend directement à P.U.R.E. Il se démène comme un beau diable et, mine de rien, approche une jeune femme brune.
-Vous venez souvent ici ?
-Ca m’arrive, j’adore cet endroit, ils ont de la bonne musique.
-Oh, mais dites-voir, vous dansez rudement bien. Ce n’est pas si souvent pour un homme, remarque Suzanne Morel.
-Merci du compliment, pourtant, d’habitude, je suis un peu coincé, je ne sors pratiquement jamais. Tacot, boulot, dodo, tel est mon triste lot. Mais des fois, il faut bien décompresser un peu.
-Si vous voulez décompresser, vous devriez aller en terrasse. Ils ont des bains bouillonnants, un vrai délice !
-J’irai si vous m’accompagnez, je suis un peu perdu. On y va comment en terrasse ?
-Suivez-moi jeune homme, je vais vous montrer ça.
-Voilà, c’est là. Je vais vous laisser, je ne suis pas très en forme en ce moment
-Ooooh, vous partez ? Vous me manquez déjà
Remarquez bien comme il essaye de la retenir en lui couvrant la main de baisers.
Quel tact ! Quelle délicatesse !
Mais il n’en pense pas moins.
-Ca ressemble à quoi de me faire perdre mon temps comme ça ? Je lui en ficherais du « je ne suis pas très en forme ». Cette fille n’est qu’une allumeuse ! Je fais quoi, moi, maintenant ? Tiens je vais émigrer chez Chloé. J’y trouverai peut-être chaussure à mon pied.
Pour quelqu’un qui ne sort jamais, il en connaît des adresses !
-Vous venez souvent ici ?
-Ca m’arrive, j’adore cet endroit, ils ont de la bonne musique
J’ai déjà entendu ça quelque part !
Chat échaudé craint l’eau froide, et Aldon Juan se méfie des rediffusions
-Otez-moi d’un doute, belle inconnue. C’est parce que vous n’êtes pas en forme que vous avez enfilé votre pyjama ?
-Nan, c’est parce que j’ai que ça à me mettre. Je claque tout mon fric en sorties. Je pourrais danser jusqu’au bout de la nuit.
A vue de nez, c’est d’ailleurs ce qu’elle fait.
Et zut, de zut de zut de zut ! La mère Ladentelle vient de s’installer au bar et elle n’a cure de ce qu’Aldon Juan ait terminé son ramadan.
Aldon Juan est dépité. Encore une journée de perdue !
D/4 La fin du Ramadan
Le lendemain, il compte bien récupérer le temps perdu. Au saut du lit, il appelle Suzanne.
-Nous nous sommes quittés trop vite, j’avais tant de choses à vous dire qui me sont restées sur le cœur. Pourriez-vous passer me voir pour en parler ?
-Quelle bonne idée, j’arrive tout de suite !
-Tout de…
-Marilène, Marilène ! Debout le devoir t’appelle, ma chérie !
-Ooooh je dormirais bien encore un peu
-Non-non-non, tu n’as pas le temps, la voiture va arriver. Tu m’as bien dit que tu avais été nommée directrice ? Alors tu dois donner l’exemple. Debout, et plus vite que ça !
Vous remarquerez que pour lui, le travail peut attendre. Deux poids, deux mesures ! La brune Suzanne est arrivée en même temps que le tacot
-Votre coup de fil m’a été d’un grand soulagement. Vous ne m’en voulez donc pas pour hier ? Je crains de m’être montrée un peu cavalière. Je m’en suis fait le reproche toute la nuit.
-Le principal, c’est que nous nous soyons retrouvés, et puisque vous voilà, vous êtes pardonnée.
-Vous ne le regretterez pas Aldon Juan ! Et pour prouver sa bonne foi,
elle l’embrasse langoureusement sans qu’il s’y attende.
La journée commence sur les chapeaux de roue. Score : 34 pts
Il ne va pas laisser passer une si belle occasion.
-Vous aimiez les bains à remous. J’ai un jacuzzi dans le jardin, venez donc on rattrapera le temps perdu.
Il lui conte fleurette, quand la nounou s’amène
-Monsieur Aldon, monsieur Aldon, je vous ai servi le petit déjeuner !
Qu’est ce qu’il en a à faire du petit déjeuner, je vous le demande ?
Et sous les yeux médusés de Karelle, il disparaît avec la brunette dans les tourbillons de la baignoire. Score : 36 points
Il est arrivé en retard au travail, mais personne ne s’en est rendu compte. Il était si gai, si en forme, que ses patrons lui ont offert une promotion. Et le revoilà disquaire. Le temps de faire quelques courses, il se dépêche,
-Vite-vite, je file en ville avant le retour de Marilène.
Il prend le temps de se mettre sur son 31
et appelle Ambre Bousquet, la fainéasse en pyjama.
Il lui a donné rendez-vous au centre de Thalasso. S’il est incommodé par l’odeur qui se dégage d’Ambre la mal-nommée, ça limitera les dégâts. Il pense vraiment à tout, cet homme là !
Mais, là, mauvaise surprise ! La mère Ladentelle fait le pied de grue. C’est vraiment de la persécution ! Pourquoi n’y en a-t-il que pour lui ? Elle ne pourrait pas s’occuper des autres pour changer ? (Je peux lui souffler quelques noms)
-Bien, je crois qu’on va aller ailleurs. Tu aimes toujours autant la danse Ambre ?
-Je n’aime que ça, je crois que je te l’ai dit
-Alors, on retourne chez Chloé.
Il a bien fait de changer de tenue, Ladentelle ne l’a pas reconnu.
Ils sont les premiers arrivés, la piste de danse leur appartient. Et c’est parti pour le baiser langoureux Mais les habitués commencent à arriver par paquets et Aldon Juan estime que l’endroit devient malsain. Il aura tout le temps de conclure plus tard. Il la quitte non sans lui promettre de la rappeler le lendemain. -Chéri, tu es rentré ? Tu peux donner le biberon à Jéhanne ? Je suis sous la douche -Mais c’est le petit cœur d’amour à son papa, ça madame ! Bonjour mon cœur, tu peux être fière de moi, tu sais. Tu as vu comme maman est heureuse ? Je suis vraiment le mari idéal !
Un petit slow pour tâter le terrain. Enfin, le terrain… façon de parler.
Score : 37 points
Elle va pouvoir danser et péter (sa spécialité) jusqu’à la fin de la nuit si ça lui chante,
lui il rentre à la maison.
-Mais bien sûr, chérie, prends ton temps !
Comme ça, lui, il prendra celui de se changer et Marilène ne se demandera pas d’où il vient. Il est de plus en plus rusé, le don Juan.
S’il le dit et que Marilène le pense, moi je ne vois pas où est le problème.
D/5 Tant va la cruche à l’eau…
Le lendemain il découvre un superbe vase Ming sur la console.
-Chérie, tu crois que c’est le moment de faire des folies ?
Ca vaut au moins 4 000 $ un truc comme ça !
-Mais je ne l’ai pas acheté ! proteste Marilène. Je l’ai trouvé sur le pas de la porte avec un bouquet de roses rouges de la part d’une certaine Ambre. D’ailleurs si tu pouvais m’expliquer qui est cette Ambre
-Ambre ??? Aaaaah ! Am-bre ! C’est une vieille copine, on s’était un peu perdus de vue, et je l’ai croisée l’autre jour au supermarché. Elle m’avait dit qu’elle était contente de me revoir, mais à ce point là ! Sacrée vieille Ambre !
-J’aimerais bien faire sa connaissance, tu me le présenteras ?
-Qui, Ambre ?
-Oui, Am-bre ! Tu n’auras qu’à l’inviter pour l’anniversaire de Jehanne. Une copine qui te fait un cadeau de ce prix là, c’est bien le moins que tu puisses faire pour la remercier.
L’histoire de la vieille copine aurait-elle du mal à passer ?
Car Marilène commence à avoir des doutes sur la fidélité de son mari. Il n’est jamais là à l’heure des repas et malgré la nuisette transparente qu’elle s’est offerte pour lui plaire, il ne l’a pas touchée depuis son accouchement.
Et puis, il y a ces lettres parfumées qu’il a reçues et qu’ elle a ouvertes et lues avant de les remettre dans la boîte. Comme toute légitime qui se respecte. Et ce qu’elle a lu, sur les rendez-vous paradisiaques, les « appelle-moi, appelle-moi », les « il faut absolument qu’on se revoie » etc. etc. lui ont confirmé que son mari semblait mener une double vie.
Mais Aldon Juan, ne sait rien de tout ça. Trop heureux de la permission, il invite Ambre pour un rendez-vous. Déjà, il frôle la catastrophe avec la jardinière. Mais Emilie, après un coup d’œil sur le jardin, déclare que les fleurs sont resplendissantes et elle remonte dans son camion sans s’aviser de la présence d’une rivale.
Sans perdre de temps, il invite Ambre à se détendre sur le lit. Et flûte ! Karelle s’invite au spectacle. Ambre s’est relevée d’un bond Et donc, le soir même, Ambre, sa copine, Marilène et Mélissa, sa meilleure amie, ainsi qu’Aldon Juan se trouvent réunis autour du gâteau d’anniversaire. Il y a de l’ambiance, la fête bat son plein. Jehanne grandit en platine dans une pluie de confettis. Les avis sont unanimes Mauvais pressentiment ? Aldon Juan se sent mal à l’aise.
-Tu ne vois pas ? Mais tout le monde sait que tu es un coureur de première, sacré Aldon Juan ! dit-elle en lui pinçant les fesses. Un geste tout à fait déplacé qui finit d’éclairer la lanterne de Marilène.
-MENTEUR ! SALE MENTEUR ! Tu me la copieras l’histoire de la vieille copine qui te pelote les fesses. C’est ta maîtresse, avoue ! -Laissez-le donc tranquille, il n’y est pour rien s’il plaît aux filles ! Je croyais que vous étiez d’accord, mais je vois bien que vous n’êtes qu’une bourgeoise étriquée.
-Monsieur Aldon, monsieur Aldon, la petite a fait dans sa couche. Je la change ou je lui donne un bain ?
Elle voudrait qu’Aldon Juan la remarque, elle ne s’y prendrait pas autrement. Je suis sûre qu’elle en pince pour lui !
En attendant, cette façon qu’elle a de venir lui tenir la chandelle, lui tape un peu sur les nerfs.
-Mais est ce que je sais ? C’est vous la nounou, pas moi !
-Tu as un enfant, Aldon Juan ? Ah-mais ça change tout ! Je ne veux pas qu’il soit dit que j’aurai fauté avec un père de famille.
-Mais y a pas faute ! Ma femme est d’accord. Elle m’a même demandé de t’inviter pour l’anniversaire de Jehanne. Ambre, Ambre, ne pars pas !
-Je reviendrai quand ta femme sera là, et j’amènerai une copine.
Je sens que la nounou va passer un sale quart d’heure !
-Quelle jolie de petite fille ! Les garçons n’auront qu’à bien se tenir. Elle va en briser des cœurs !
-Ca, si elle tient de son papa…
-Ca veut dire quoi « si elle tient de son papa » ? s’inquiète Marilène.
-Je ne vois pas ce que tu veux dire, Ambre.
Score : 37 –10 = 27 points
-Mais non, je te jure, Marilène, Ambre n’est pas ma maîtresse (en plus il a raison, le pauvre). Ambre, dis-lui, toi, qu’elle fait erreur.
-Et ça, c’est le cadeau de la bourgeoise ! Fichez le camp de chez moi, TOUTES ! Et que je vous y reprenne à courir après mon mari !
22.02.06
D/5 Lunettes et gros mensonges
Les invitées parties, Marilène éclate en larmes
-Comment as-tu osé me faire ça ? Traître ! Coureur de jupons ! Don Juan de mes deux ! Et moi qui te faisais confiance, moi qui t’aimais comme une idiote, non-mais quelle idiote j’ai été !
-Ne dis pas ça ! Chérie…
-JE NE SUIS PLUS TA CHERIE ! JE DIVORCE !
-Ché… Marilène, voyons, ne dis pas ça. Tu te fais du mal pour rien, je t’assure. Bon, j’avoue, j’ai un peu flirté avec cette fille. Mais ça n’a pas dépassé le simple baiser, même pas langoureux (cherchez l‘erreur). Tu ne peux pas tout détruire pour ça. Si tu ne le fais pas pour moi, fais-le pour Jehanne. Tu y penses au bonheur de ta fille, quelquefois ?
Aldon Juan a passé une mauvaise nuit. Au matin, il est réveillé par un cauchemar. Marilène était partie, elle avait pris Jehanne et l’avait abandonné. Il regarde le lit intact à côté de lui. Serait-ce que… ?
-Viens ma chérie, viens voir maman. Oooh, tu as fait boum, relève toi, ce n’est pas grave…
Ouf ! La voix de Marilène lui parvient à travers la cloison. Apparemment, elle enseigne la marche à la petite. Elle a donc décidé de rester. Aldon Juan est soulagé. Malgré ses infidélités, Marilène lui est indispensable. Il s’est habitué à sa présence, à sa cuisine, à sa paye. Et puis ils ont un enfant, ces choses vous lient davantage qu’une simple alliance.
-Tu es fatiguée ? Viens, au dodo, mon amour. Ah, ce n’est pas ton ordure de père qui s’occuperait de toi, va ! Draguer, il ne pense qu’à ça. Mais il va me le payer ! TU VAS ME LE PAYER, ALDON JUAN, mets-toi bien ça dans le crâne !
Houla ! Elle est peut-être restée, mais elle est bien remontée. Il aura du mal à recoller les morceaux de son couple.
Aldon Juan n’a pas trente six solutions. Heureusement, son inventivité sans borne lui a permis de fabriquer des lunettes de bluff. C’est pratique, et c’est le moment où jamais de s’en servir.
-Marilène, excuse-moi Marilène, je ne recommencerai pas, je te le jure. Je serai un mari fidèle, un vrai toutou. Demande-moi ce que tu voudras, mais je t’en supplie, pardonne-moi. Pardonne-moi et reste avec moi. Je ne saurais vivre sans toi et bla-bla-bla et bla-bla-bla.
Le traître n’hésite pas à renouveler plusieurs fois l’opération « lunettes et gros mensonges » et Marilène n’est pas loin de se fléchir.
-Je ne demande pas mieux que de te croire Aldon Juan. Mais, qui me dit que tu ne recommenceras pas ? Et lui, gonflé
-Mais… tu as ma parole Marilène. Ca ne te suffit donc pas ?
Il était peut-être sincère, qui sait ? Mais le soir même, il a oublié ses bonnes résolutions après un coup de fil d’Ambre
-Ta femme m’a traitée comme une moins que rien. Alors je vais lui donner raison. Rejoins-moi dans une cabine des établissements Latrappe. Je t’attends… impatiemment.
Comment vouliez-vous qu’il résiste ? Un homme n’est qu’un homme, non d’un chien ! -C’est bien ce qu’il a dit, vous vous souvenez ?- Alors attend-t-on d’un marin qu’il résiste à l’appel du large ?
Score de la 4ème semaine : 27+ 4 = 31 points





















































































