14.02.06
C/1 La corde au cou
Il-a-trouvé ! Avant même le lever du jour, lavé, peigné et rhabillé, il met Marie à la porte.
-J’ai une rage de dents terrible ! Il vaut mieux que tu rentres chez toi.
-Tu veux pas que je te fasse une petite tisane ?
-NON, pas de tisane, pas de massage, pas de… RIEN ! Je ne veux rien ! Tu ne vois pas combien je souffre ? Quand ça ira mieux, je t’appellerai. On voit bien qu’il s’est entraîné à baratiner devant le miroir.
Car monsieur bricolage a encore frappé ! Cette fois, c’est une machine à penser qu’il s’est fabriquée avec un vieux casque de scooter et une ampoule de 100 000 watts qui puise son énergie dans les parties creuses du cerveau. Plus c’est creux, plus l’ampoule brille. Quand le cerveau se remplit, elle pâlit. Au moins deux fois par semaine, Marilène vient se casser le nez à la porte d’Aldon Juan. Comme vous avez sans doute remarqué qu’il change plus souvent de métier que de chemise, elle ne sait jamais quand elle pourra le trouver chez lui. S’il n’y avait pas le téléphone pour garder le contact, elle le croirait mort, son fiancé. Mais-non, mais-non, il est toujours vivant, frais comme un gardon, l’œil vif et les ouies rouges. Aujourd’hui, il a décidé de tenter l’impossible : s’attaquer à la banquise. Il appelle Célia Delabert, la barmaid. -Vous vouliez me voir, Aldon Juan ? Que puis-je pour vous ? Ne baisse pas les bras Aldon Juan (voix off sortant du cache-nez) regarde, l’acharnement finit toujours par payer. Marilène a bien réussi à te coincer. Bien que flatté (on le serait à moins) Aldon Juan fait la fine bouche. Sauf que je ne m’appelle pas Marilène, et qu’elle, elle l’aime mon Aldon Juan. Elle l’aime tellement qu’elle est prête à tout pour se l’accrocher.
Non seulement mon don Juan est un brillant séducteur (si-si) mais c’est un génie, hélas encore méconnu.
Et tout ça à cause de QUI ?
Je vous avais pourtant recommandé de garder le secret sur sa machine et je suis sûre que vous lui avez piqué son idée. Vous n’avez pas intérêt à faire pareil avec le casque, sinon gare !
-Allons-allons, relax ! cool, Célia ! Vous n’êtes pas en service.
-Que me vouliez-vous ?
Apparemment, la fermeture éclair est coincée par le gel. Que vouliez-vous qu’il lui dise ? Qu’il voulait battre le record du plus grand séducteur de NPC ? Il est resté quoi. Non, coi !
-Bien, dans ces conditions, au-revoir. Et la prochaine fois, un conseil : ne me dérangez pas pour rien, je déteste ça.
Brrr ! Je vais sortir ma petite laine.
-Juan, Juan, mon chéri, mon cœur, l’amour de ma vie, mon héros, mon dieu, mon idole, mon chanteur préféré, comme tu m’as manqué ! Epouse-moi, épouse-moi tout de suite !
-Je voudrais bien, mais… mais c’est impossible ma chérie. Je ne peux pas me marier avant de réaliser mon rêve.
Qu’est ce que c’est encore que cette histoire ?
-Ton rêve ? Quel rêve ?
-Acheter une voiture de sport, la plus chère qui puisse exister. Je dois encore économiser, c’est pas une fois que je serai marié que je pourrai le réaliser.
Ca… il n’a peut-être pas tort. Ca m’étonnerait sa femme soit d’accord.
-Mais je te l’offre, moi ta voiture !
-Heu… j’ai bien dit LA PLUS CHERE
-Oui-oui, j’avais bien entendu. Téléphone au concessionnaire, tu n’as qu’à choisir la couleur. Alors, on peut se marier maintenant ?
-Heu… heu… Nan, on ne peut pas ! J’ai pas d’alliances (Pfiou j’ai eu chaud !)
-Mais j’en ai moi ! J’en ai même deux ! Tiens, une pour toi, et une pour moi.
-Hin-hin, tu penses vraiment à tout. (Je ne peux plus reculer maintenant, courage Juan, pense à la bagnole !)
Marilène Bertin, veux-tu devenir ma bagn… ma femme ?
-Ouiiiiiiiii ! Et toi, Aldon Juan, veux-tu devenir mon mari ?
-Heu…
-Juan, j’ai mal oui. Tu as bien dit oui ?
-Heu… oui… oui-oui, j’ai dit oui.
-Quelle chance ! Je suis donc Marilène Aldon.
Pour ce qui est de la chance, on en reparlera !
15.02.06
C/2 Scènes de la vie conjugale
C’est à des petits détails que l’on sent la présence d’une femme dans une maison : des rideaux, des lampes de chevet, des plantes, des tableaux… tout ce qu’Aldon Juan avait négligé d’acheter. Lui, du moment qu’il avait un lit pour dormir , une baignoire pour se laver, un frigo et des WC, ça suffisait à son bonheur.
Et maintenant, il avait SA voiture. Si d’aventure il s’était senti le cœur pincé, il lui aurait suffi de la regarder pour se convaincre que finalement, le jeu en valait la chandelle. En tous cas, il n’avait pas mal pris la chose, se promettant simplement de redoubler de précautions.
Et puis, Marilène n’avait pas inventé le fil à couper la margarine et il se sentait de taille à lui faire avaler n’importe quoi. Au besoin, il s’y entraînerait devant le miroir.
Bien entendu, l’emménagement de Marilène n’est pas passé comme une lettre à la poste. Daphnée s’est étonnée de voir une ENORME facture de 12 000$ libellée au nom de Marilène Aldon. Mais Aldon Juan lui a assuré qu’elle était sa jeune sœur.
Basique !
La vie commune offre des avantages. Marilène le décharge de la corvée de cuisine. Même si elle ne semble pas savoir que ce sont les bons petits plats qui retiennent les petits maris, pas les sandwiches. Aldon Juan commence à se faire à l’idée d’être marié. Mais il n’entend pas changer ses habitudes. Marilène a-t-elle les idées larges ? Il va tâter le terrain
-Marilène...
-Oui, quoi ?
–Marilène, simple supposition : si un jour j’avais une aventure, qu’est ce que tu ferais ?
-Je t’étriperais !
Il donne du poing sur la table
–Non-mais, ce qu’il faut pas entendre ! Un homme n’est qu’un homme ! La chair est faible, non d’un chien ! Je te croyais plus moderne que ça !
-Mais ne t’énerves pas mon chéri. Supposons… que tu me trompes, JE T'ETRIPE ! C’est clair ?
Te voilà prévenu, Aldon Juan.
Pour plaire à son séducteur de mari, Marilène est allée chez le coiffeur et l’esthéticienne, et en plus elle étudie la cuisine.
-Chéri, l’omelette, tu l’aimes comment ? Baveuse ou bien cuite ?
-Tu sais faire de l’omelette, Marilène ?-Nan, mais en suivant les recettes de Charlotte Aufraiz, je devrais pouvoir me débrouiller.
Soudain, Juan aperçoit Déborah dans le jardin.
Il ne manquerait plus que Marilène ait une discussion avec elle. Elle serait éclairée sur sole loustic. Il s’empresse d’aller saluer l’intruse.
-Déborah, tu ne peux pas débarquer chez moi comme ça, à n’importe quelle heure de la journée et de la nuit. Sois raisonnable, voyons !
-Et pourquoi, je ne pourrais pas ? Tu peux me donner une seule bonne raison, Aldon Juan ?
Une bonne raison… Aldon Juan décide de lui avouer la vérité. Enfin presque…
-Je suis un homme rangé à présent. Je me suis marié, tu comprends… elle était enceinte. Je suis un type bien, quoique tu en penses, j’étais OBLIGE de réparer.
-Tu vas avoir un enfant, Aldon Juan ? J’adore les mômes ! Je pourrai passer voir le tien ?
-Heu… attends déjà qu’il soit né. Marilène est très fatiguée, il ne vaut mieux pas la déranger.
Te voilà bien avancé avec ce gros mensonge Aldon Juan.
Ce soir là, Marilène a cuisiné des spaghettis. Une version améliorée du gratin de macaronis. Ses progrès en cuisine sont étonnants. Merci Charlotte !
Aldon Juan, est d’humeur badine. Il essaye d’endormir sa méfiance en lui assurant que faire crac-crac avec elle a été son rayon de soleil de la journée.
Et ça marche !
La méfiance de Marilène tombe de sommeil, elle va aller se coucher.
Baiser du soir… espoir.
16.02.06
C/3 Ca baigne !
Le champ est libre ! Aldon Juan décide de re-re-retenter le coup avec la barmaid.Cet homme n’a pas froid aux yeux !
Il s’est inondé de parfum Fleur de Lembrouille et Célia s’y montre sensible.
-Vous vous mettez en frais Aldon Juan !
Encouragé, il lui demande ce qu’elle pense de lui.
-Vous n’êtes, pas du tout, mais alors, pas-du-tout mon type !
Grosse déception
-Ah ? Et alors, c’est quoi votre type ?
-J’adore les hommes en sous-vêtements
C’est bien sa veine ! Pour une fois qu’il n’a pas ressorti son slip vaudou.
Il tente de l’impressionner en l’invitant à faire un tour dans sa belle voiture de sport.
Ces derniers temps, les filles répugnaient à s’allonger sur la banquette de la Smoogo sous le prétexte qu’elle était toute tachée. Il espère qu’avec celle-là, il n’aura pas le même problème. Mais Célia décline l’invitation
-Ce serait avec plaisir, Aldon Juan, mais vous avez vu l’heure ? Je dois y aller.
Rha, encore raté !
Mais le lendemain, dès que sa femme est partie au travail, il a rappelé la froide Célia. Et il a mis son slip. Pas si fou !
Dès qu’il apparaît, le slip fait son effet
-Ooooh, Aldon Juan, que m’aviez-vous caché tout ça ! Je n’ai jamais connu d’homme aussi sexy en sous-vêtements.
Il n’a pas intérêt d’en changer.
Et vous, vous n’avez pas intérêt à lui piquer son slip. C’est le sien ! Et sur un autre, il ne marchera pas. Mais sur lui, il fait un effet bœuf. La belle Célia en est toute retournée. Elle se jette sur lui et lui couvre le bras de baisers brûlants. En expert de la séduction, c’est pour lui un jeu d’enfant de provoquer un retournement de situation. Maintenant, c’est lui l’embrasseur, et Célia l’embrassée, et bien embrassée en plus ! Enfin, patauger… c’est vite dit ! Score : 25 Aldon Juan a avalé une pendule. Sur le coup de dix heures, il quitte la belle. Il va aller la saluer comme si de rien n’était. Vous remarquerez qu’il a peaufiné sa technique. C’est étudié, minuté, huilé, pas une zone d’ombre dans le scénario. Mais dès que Déborah l’aperçoit, la haine l’étouffe et elle s’en prend à lui D’ailleurs, Daphnée est de son avis. Quelle bonne idée ! Il invite ses maîtresses, et la bonne, la future, (il y compte bien) à partager son repas. C’est vrai que les émotions ça creuse. Génial aussi, le sujet de conversation : –Ha-ha ! Triomphe Déborah, vous aimeriez bien le savoir ! Pour le moment, le plus urgent, c’est de clore le bec de Déborah. Aldon Juan lève son verre et porte un toast C’est pas le tout, mais l’heure tourne. Kérine reprend son travail, et Juan prend congé de son petit monde Bien qu’elle se laisse enlacer amicalement, je ne suis pas sûre que Déborah ait accepté de passer l’éponge. Ce qui me fait penser… faudrait peut-être que je songe à leur remplacer le frigo. Il ne fait pas net, c’est le moins qu’on puisse dire. Marilène est rentrée du travail. Aldon Juan, sage comme une image
Mon don Juan adore ça.
Comme la journée s’annonce à peine, il l’invite à patauger dans la baignoire folamour.
Score : 20 + 1 (Heu… 21 ? Si j’ai bon là, je suis parée jusqu’à 30)
C’est le moment où Daphnée va venir relever le courrier.
Oh, qu’il a eu le nez creux, le don Juan ! Il surprend Déborah s’apprêtant à discuter avec Daphnée. Pourvu qu’elle n’aille pas lui raconter que sa pseudo petite sœur est enceinte, et qu’elle est en réalité sa femme.
-Ah, le voilà, le traître, le pervers ! A qui as-tu donné rendez-vous aujourd’hui ? A la livreuse d’épicerie ?
-Mais, tu te méprends, complètement
-Je me méprends ! C’est qui cette fille dans la baignoire ?
-C’est une amie. Et je ne lui ai pas donné rendez-vous, je l’ai « invitée », nuance !
Ah-mais, on ne l’y reprendra pas deux fois, en flagrant délit de rien du tout, uniquement parce qu’il avait un rendez-vous.
-Déborah, mais calmez-vous donc ! Est-ce que je lui fais une scène, moi ? Il a bien le droit de recevoir une amie, il est chez lui ! et se tournant vers Aldon Juan, elle ajoute en catimini
-Elle est givrée, cette pauvre fille !
-Dis-moi, Déborah, quand un couple rentre dans un café, comment tu sais qu’il s’agit d’un rendez-vous ?
Je comprends que ça l’inquiète.
-Pfeuh, c’est pas dur, on le voit tout de suite, intervient Kérine
Aldon Juan très intéressé
-Ah-bon ? A quoi vous voyez ça ?
-Hé-bien, s’il l’invite à manger, c’est qu’ils sont ensemble, c’est sûr. Autrement, il serait obligé de payer la tournée générale.
Intéressant ! C’est vrai que c’est lorsqu’il avait demandé à se faire placer à table que Déborah lui était tombée dessus. Mais ça reste à vérifier.
-A Déborah, la Sherlock Holmes des resto-bars !
-A Déborah ! reprennent les autres. Sauf Kérine qui ne voit pas pourquoi c’est Déborah qu’on congratule alors que c’est elle qui a répondu à la question.
-Alors, ça y est, tu ne m’en veux plus, on est redevenus amis ?
-Moui… enfin, le coup de la pizzaïola, je l’ai pas trop digéré encore.
-Ta journée s’est bien passée ma chérie ?
-Ne m’en parle pas. Crevant ! Au fait, j’ai eu une promotion, ils m’ont nommée sous-directrice, je croule sous les dossiers.
-Ah-heu, et tes horaires ont-ils changé ?
Très important ça les horaires, pour le moment, travaillant de 22 h à 03 h du matin et Marilène de 9 h à 16 h, il était paré.
-Nan, pas de grand changement, je partirai une heure plus tôt, le temps de préparer le planning.
Une heure de bonus, c’est toujours ça de gagné !
C/4 La bonne affaire
Pendant qu’Aldon répare la douche, Marilène épluche les nouvelles de la gazette
-Tu as vu ? Il y a des soldes aux Bazar Rapidos. J’avais très envie d’une nouvelle robe, mais je suis tellement fatiguée. Je crois que je vais aller me coucher.
L’occasion est trop belle, Aldon Juan saute dessus
-Si tu veux, je peux aller te l’acheter.
-C’est vrai ? Tu ferais ça pour moi ? Oh, Juan, tu es un amour ! Quelle chance j’ai d’avoir un mari si prévenant. Je donne un petit coup à la cuisine, et je vais au lit. Je te fais confiance pour la robe, je sais que tu choisiras bien.
Avant de partir, Aldon Juan barricade la porte de la pièce aux simflouzes. Il en a plus qu’assez de ces sans gêne qui viennent lui piquer sa récolte. Il a suffisamment à faire à surveiller le voisinage pour ne pas passer son temps à avoir l’œil sur son trésor.
Bien sûr, les emplettes, c’était le prétexte pour donner rendez-vous à Célia. Mais à peine sorti du taxi, il tombe sur la mère Ladentelle. Elle flaire l’adultère à cent lieues et lui jette un regard mauvais avant de s’en prendre à Célia
-Vous n’avez pas honte de vous afficher avec ce minable ? Je vous préviens, ma petite, si je surprend un mot, un geste déplacé, je vous ferai passer le goût de l’aventure !
-Mais qu’est-ce qu’elle nous veut, la vieille pie ? Je crois qu’il vaut mieux en rester là, annonce Célia.
Mais Aldon Juan est d’un naturel optimiste -Mais-non, reste, l’après-midi est encore jeune. Je vais la rouler dans la farine. Elle va bien finir par se lasser.
Chatouilles, blagues de potache, compliments anodins et batailles d’oreillers s’enchaînent et se poursuivent jusqu’à la tombée de la nuit. Rien à faire, la vieille est toujours dans le coin, guettant la faille, le prétexte pour jouer du sac à main.
Il fait nuit quand Aldon Juan s’avise que décidément, elle ne les lâchera pas. Il a réussi tant bien que mal à retenir Célia, mais le rendez-vous stagne au bof-bof. Il décide d’émigrer ailleurs. Il ne peut réprimer un sourire en voyant la mine dépitée de la terreur au sac à main par la vitre arrière du taxi.
Il a entraîné Célia au magasin de vêtements et l’a invitée à le rejoindre dans la cabine. Il commence à être connu comme le loup blanc dans ce magasin. Le vendeur a rameuté toute la clientèle.
-Venez, venez voir, vous ne serez pas déçus !
Quand elle en ressortira, Célia sera acclamée comme une héroïne. Ce qui la mettra de fort bonne humeur et elle déclarera paradisiaque ce rendez-vous commencé sous de si mauvais auspices.
Score 26 points
Avant de rentrer, Aldon Juan n’oublie pas son alibi. Marilène voulait une petite robe en solde. Tant pis, il la payera plein pot, mais il ne sera pas dit qu’il sera rentré les mains vides.
Si c’est ce sac qu’il compte lui ramener comme petite robe, elle n’a pas fini de regretter de ne pas avoir fait ses soldes elle-même !
Le lendemain, Marilène partie au travail, Aldon Juan appelle aussitôt Célia et lui fait découvrir que le crac-crac ça a du bon aussi au lit. Il s’endort après son exploit et se réveille en début d’après-midi.
-Quelle heure est… ? Zut, déjà ! Célia, Célia !
Score : 27 pts
Célia n’apprécie pas d’être réveillée en sursaut
-Qu’est ce qui te prend ?
-J’avais oublié… un rendez-vous très important. J’attends la visite de la directrice d’une grosse boite. Tu sais que je suis DJ, je dois signer un contrat pour animer une soirée. Tu ne peux pas rester ici. Rentre chez toi, je te téléphone dès que j’en serai débarrassé.
En sortant elle croise Marilène qui rentre du travail. Ce n’était donc pas du flan son histoire de directrice, elle reconnaît la tenue ringarde du gratin d’entreprise.
-Au revoir chère madame, je ne manquerai pas de faire appel à vos services quand je donnerai une soirée, lui lance-t-il en s’assurant qu’elle va libérer le terrain.
Marilène a pris sa douche tandis qu’il préparait le repas. En tant que mari, elle n’a pas à se plaindre, comme tous les hommes qui ont quelque chose à se reprocher, il est aux petits soins pour elle.
-Alors, mon cœur, contente de ta journée ? Tu n’as pas une nouvelle promotion à m’annoncer ?
-Laisse-moi le temps, le président est un vieux gâteux et le conseil d’administration commence à s’en rendre compte, il va falloir s’en séparer, en tant que sous-directrice je suis pressentie pour le remplacer.
Quel homme plein d’attentions !
-Tu n’es pas fatiguée aujourd’hui ?
-Si, un peu. Je vais faire une petite sieste dans le jardin. D’ailleurs, en parlant de jardin… si tu arrives à coincer la jardinière… elle se fiche du monde, vraiment ! Tâche de nous en débarrasser, ce ne sont pas les jardiniers qui manquent, et on aurait du mal à trouver plus fainéant qu’elle.
Elle s’est installée sur une chaise longue et Déborah, qui n’a toujours pas désarmé, observe son ventre plat.
-Où elle le planque son bébé ? J’ai comme l’impression qu’Aldon Juan m’a raconté un gros bobard. Ah-mais, s’il croyait se débarrasser de moi comme ça, il se trompe !
Elle passe son temps à les espionner, et ce qu’elle entrevoit par la fenêtre de leur chambre ne lui plaît pas. Elle est fixée. S’il a été « obligé » de se marier, ce dont elle doute de plus en plus, il n’a pas l’air de souffrir du sacrifice. Il a même l’air d’y prendre beaucoup de plaisir. La jalousie la tenaille, elle se vengera en renversant sa poubelle plusieurs fois par nuit. A croire qu’elle, elle ne dort jamais.
Pour se débarrasser de cette nuisance, Aldon Juan devra passer des heures et des heures au téléphone pour lui assurer qu’elle compte toujours beaucoup pour lui, qu’il gardera toujours dans son cœur le souvenir de leur aventure et que s’il ne s’était pas fait avoir par Marilène au sujet du pseudo-bébé, c’est elle et elle seule qu’il aurait épousée.
Ouf, pas trop tôt, elle a fini par pardonner et accepté de redevenir sa meilleure amie. Il était temps ! Aldon Juan était à bout d’arguments et pas que !
Avant de rejoindre sa femme, il appelle la livreuse d’épicerie. Cruelle déception, c’est un grand malabar qui l’attend à la porte.
-Heu… Où est donc la charmante dame que j’ai eue au téléphone quand j’ai passé commande ?
-Virée ! C’est moi qui la remplace
Ca c’est pas de chance, hein, Aldon Juan ?
Score de la 3ème semaine : 27 pts























































