09.01.06
B/1 Coquin de sort
De retour chez lui, il a la désagréable surprise de retrouver Denise l’attendant patiemment dans la baignoire.
-Mais… je lui avais pourtant dit au-revoir avant de partir. Qu’est-ce qu’elle fait donc là ?
Heureusement que Denise est bigleuse, elle ne remarque pas la magnifique chevalière qui orne à présent l’annulaire de Juan.
-Mais où étais-tu passé chéri ? Je commençais à trouver le temps long. Regarde ma peau, elle est toute fripée.
Oui-bon, l’eau a bon dos !
-Tu devrais vite rentrer te sécher chez toi, lui conseille Juan en dénouant les bras qu’elle a passés autour de son cou.
Manquerait plus que la vieille s’accroche !
La vie d’Aldon Juan se complique. Au petit matin, Denise et Marilène ont toutes deux la magnifique idée de venir lui offrir un énorme bouquet de roses rouges. Mais ni l’une, ni l’autre ne s’en étonne. Elle prennent leur rivale pour une fleuriste.
Les femmes sont d’une naïveté !
A son réveil, Aldon Juan s’empresse de faire disparaître les bouquets. Comme si elles ne pouvaient pas lui offrir autre chose. C’est pas parce qu’il collectionne les râteaux qu’il va ouvrir une boutique de fleuriste !
Suivez-bien l’œil de faucon qui guette sa proie. Ah-mais, ce n’est pas parce qu’il est fiancé qu’il s’est assagi, non-non-non ! Le prédateur sommeille encore sous l’homme rangé.
La proie a un nom : Andrée Carlier. Aldon Juan lui fait son cinéma.
-C’est à vous, ces beaux-yeux là ?
Pour une fois, il ne se fait pas rembarrer d’entrée de jeu. Je dirai même qu’Andrée est sensible à la conversation de Juan. On la sent troublée : Elle ricane bêtement.
Il enfile son uniforme mais avant de partir au travail, il s’arrange pour la connaître un peu mieux.
Au moins, il est fixé : ils sont sur la même longueur d’ondes.
Mais Aldon Juan préfère les PNJ aux townies. Rien ne l’excite davantage que les uniformes de travail. Ca le mène tellement qu’il n’arrive pas à trouver le sommeil et il a la nuit devant lui. Dopé par ses premières victoires, il appelle Déborah Andersen, la serveuse du resto-bowling.. Comment pourrait-elle résister au slip vaudou ?
Il a tout de même opté pour sa panoplie de dragueur. Il ne sera pas dit que c’est le slip qui fait tout le travail ! La nuit est douce et les étoiles inclinent au romantisme. Tout se déroule comme dans ses rêves les plus optimistes. Déborah n’est pas farouche et il se sent pousser des dents de loup.
-Un petit bain de minuit dans la baignoire folamour ? Ca te tenterait ?
Déborah avait justement apporté son maillot de bain, à croire qu’elle est télé(phone)pathe. Mais… avouez qu’il n’a pas de veine, pour une fois que ses affaires marchent, Denise surgit comme un diable de sa boite.
-COMMENT !? Monsieur fait le joli cœur sous le ciel étoilé. Et moi qui venais lui apporter un petit cadeau, je tombe sur quoi ? Une scène d’orgie ! Tu ne l’emporteras pas au paradis, Aldon Juan. Prends déjà ça pour commencer !
-Et elle lui fait voir d’autres étoiles, bien moins agréables à contempler.
Il tente de calmer la hyène.
-Mais, ne te mets pas dans cet état, ma douce. Déborah n’est qu’une amie, on ne faisait pas de mal. Rien à faire, la vieille a mis un tigre dans son moteur.
-Et moi, je suis la reine d’Angleterre ! Entre nous, maintenant, c’est la guerre à couteaux tirés, tu vas le payer et cher, Aldon Juan ! Il commence déjà par payer dix points de malus et se retrouve presque à la case départ. Ca lui apprendra à regarder les étoiles au lieu de surveiller la rue.
Score : 2 points.
Avant de partir, la hyène s’en prend à la poubelle. Et ce n’est que le début d’une longue série de misères qu’elle prendra plaisir à inventer pour pourrir la vie de mon don Juan.
–Tu ne me rejoins pas dans la baignoire, Juanito ? – Vraiment, Juanito, tu n’as pas l’air dans ton assiette, remarque Déborah Heureusement qu’Aldon Juan est tenace. Il a rejoint Déborah dans la pièce où elle était allée se servir dans la plantation de simflouzes et lui arrache par surprise, non pas les simflouzes dont il peut faire son deuil, mais un baiser langoureux qui redore son blason. Mais il fait mieux, il arrive à l’entraîner dans la chambre et là… Il s’endort comme un bébé, tandis que Déborah se roule les pouces en admirant le plafond.
Les joues en feu Aldon Juan, accède à la demande formulée d’un ton si engageant. Mais le cœur n’y est plus. Il n’est pas tranquille et ne cesse de jeter des regards inquiets du côté de la rue, des fois que la vieille toquée se re-pointerait. Il propose -Si nous rentrions plutôt ? Il commence à faire frisquet.
-C’est parce que c’est de la soupe en boite, explique Juan. Le soir, je dîne léger pour conserver ma ligne. Tu surveilles ta ligne, toi Déborah ? Parce que moi, je n’aime que les femmes sveltes.
-Oh tu sais, j’ai pas besoin de ça. Je peux manger tout ce que je veux, je ne prends pas un gramme.
La vie est injuste !
Pour sa peine, je la condamne à boire sa soupe.
Score : 3 points.
(Je n’avais pas de soucis à me faire pour être arrivée au bout de mes dix doigts).
Aldon Juan, ce n’est pas le moment de dormir. Tu ne les entends pas qui ricanent derrière ton dos ?
-Ah-ah-ah ! Ah le don Juan, il a bonne mine avec ses trois points minables. Et maintenant, il s’endort sur le bifteck.
Prouve leur de quoi tu es capable que diable !
B/2 Boire et déboires
Juan, faut pas le piquer au vif, quand il s’agit de son honneur. Il s’est réveillé dare-dare et a brillamment conclu son affaire.
On pouvait lire dans les yeux de Déborah tout le soulagement qu’elle éprouvait à l’idée que sa longue soirée se terminerait en feu d’artifice.
4 + 3 = 7 points, hé-hé !
Le lendemain, la punaise de Denise avait fait des petits. Grâce à la poubelle renversée qu’il n’avait pas pris le temps de ramasser, Juan dut se battre avec des cafards. Ce qui lui mit la puce à l’oreille.
-Et si j’invitais la charmante Carmen Muller ?
Je vous rassure, ses relations avec la charmante s’étaient grandement améliorées, nourries de coups de téléphone pleins d’attentions.
-Comment allez-vous chère Carmen ? Pas trop le bourdon avec vos petites bêtes ? Je suis sûr qu’avec une robe, vous pourriez être une femme tout à fait séduisante. Et une capeline ? Vous n’avez jamais pensé qu’une capeline vous irait mieux qu’une casquette…
Bon, je ne vais pas tout vous raconter, vous allez dire que j’écoute aux portes.
–Mais comment donc, quelle bonne idée ! Carmen Muller ne se l’est pas fait dire deux fois, elle rapplique sur le champ. Juste au moment où Daphnée Millet vient relever le courrier.
Aldon Juan a le cœur entre deux chaises. Carmen est peut-être charmante, mais Daphnée, elle, elle est belle ! Et il sait faire la différence, même si je lui serine charmante-charmante, pour qu’il en soit bien convaincu.
Il plaque Carmen pour s’occuper de la belle Daphnée.
Il a eu la bonne idée de la brancher théâtre et cinéma et Daphnée est intarissable.
-Moi ce que j’aime, c’est les films d’amour qui se terminent bien : Ils vécurent heureux et eurent beaucoup d’enfants.
-Ah-oui ? Ben, moi, vous voyez, je préfère le théâtre de Feydeau avec des maris cocus et des femmes infidèles.
-Nan, vous plaisantez ?
-Ouiiii, je plaisante, je préfère quand c’est des femmes cocues et des maris infidèles.
-Oh, ce que vous êtes drôle, vous alors, vous cachez bien votre jeu.
C’est pas qu’elle s’ennuie, mais la charmante commence à trouver le temps long.
Elle décide d’aller faire trempette dans la baignoire.
–Mais, vous aviez une invitée, je crois. Je vous laisse, on se reverra de toutes façons.
Heureusement que Daphnée Millet a du savoir-vivre, elle. Hein, le don Juan ?
Il a rejoint Carmen dans la baignoire, mais son esprit est ailleurs.
L’esprit, il est avec Daphnée à qui il aimerait bien donner un rendez-vous pour faire plus ample connaissance.
-Ca ne vous intéresse pas ce que je raconte ? Carmen vient de le rappeler sur terre.
-Hein ? Quoi ? Ah-mais, si bien sûr-bien sûr. Vous disiez quoi, déjà ?
-Ca n’en a pas l’air ! Je vous sens lointain. Il vaut mieux que je rentre chez moi. Quand vous serez plus bavard vous me ferez signe.
Carmen est repartie, mais ils sont restés bons amis.
Aldon Juan s’est entraîné à séduire une bonne partie de la journée.
Le cinéma devant le miroir ! Et je te prends des poses, et j’embrasse mon image, et…
Et le temps passe. Et la nuit tombe. Et il décide d’appeler l’entremetteuse pour s’offrir des philtres d’amour qui coûtent les yeux de la tête.
Aïe-aïe aïe ! Il avait oublié que l’entremetteuse, c’était Denise, et lui acheter des philtres d’amour, c’était pas l’idée du siècle. Elle a commencé par mettre un coup de pied dans la poubelle (une vieille habitude maintenant) et elle attaque
-Un philtre d’amour, rien que ça ! Et pour quoi faire, s’il vous plaît ? Pour séduire cette mocheté de Carmen Muller peut-être ?
Elle n’y est pas du tout-du tout. La jalousie l’aveugle. Elle ne s’est même pas aperçue que Carmen était charmante, c’est vous dire. Mais pire, elle remet une beigne à mon pauvre don Juan, en le traitant de menteur. Il était pourtant sincère en lui assurant que ce n’était pas pour Carmen.
Il a besoin de se faire remonter le moral et décide d’inviter Déborah en ville. Il aurait préféré inviter Daphnée, mais leurs relations ne sont pas assez hautes. Il a peur de se ramasser un râteau. Les râteaux, c’est comme le reste, on finit par s’en lasser, même si c’est pratique pour ratisser les feuilles sous les bouleaux. Mais des bouleaux, il n’en a pratiquement plus, alors…
Avec Déborah, pas de problème, elle est encore sous le charme du feu d’artifice de la veille. Ils commencent par critiquer Denise.
-Si tu savais ce qui m’arrive. Figure-toi que l’entremetteuse s’est entichée de moi. Elle me harcèle, elle me fait des scènes de jalousie, tiens, regarde elle m’a même collé un œil au beurre noir.
-Nan ! La vieille d’hier ? Je t’avoue que je n’avais rien compris au film. Elle s’est entichée de toi, tu dis ?
-Oui, mais je l’ai remise à sa place, et depuis, elle m’en veut, tu ne peux pas savoir les misères qu’elle me fait.
Il a bien fait de s’entraîner à séduire. Ca marche bien, la méthode du pauvre persécuté. Déborah est prête à tout pour le consoler.
-Ooooh pauvre Juanito. Comment te faire oublier tout ça ?
-Un petit crac-crac dans la cabine ? Ca, je crois que ça me consolerait… un peu.
Elle ne demande pas mieux que de le consoler… un peu. Leurs ébats attirent tous les clients du magasin, qu’importe ! Que ne ferait-on pas pour consoler Aldon Juan ?
Lui ajouter un petit point, peut-être ?
Et un autre petit point pour le crac-crac dans la voiture avant qu’ils ne se séparent.
Déborah a trouvé le rendez-vous sublimissime. Il faut dire qu’il tenait la forme, le don Juan.
Savez-vous pourquoi, seulement ?
Allez, je vous dit tout : Aldon Juan est un génie méconnu.
Avec ses deux points de mécanique il s’est bricolé une machine qu’il va faire homologuer au concours Lépine. Fonctionnant au jus de brioche de cervelle et à la sauce de pizza molle -(n’essayez pas avec de la pizza fraîche, ça ne marchera pas)- molle, mais sans mouches, -(si les mouches s’y mettent, ça ne marche pas non plus)- ladite machine vous retape son homme le temps de le dire.
Mais, chut ! C’est un secret, que ça reste entre nous surtout. Il ne faudrait pas lui faire voler son brevet non plus.
Vous ne croyez pas qu’il a déjà suffisamment de soucis comme ça ?
B/3 Aldon Juan 007
1 Et donc, le lendemain, c’est un homme en pleine forme que nous retrouvons, nanti de 9 points de séduction et d’un bel œil au beurre noir, virant au violet, qu’il cache sous des lunettes noires.
Il a téléphoné à Daphnée, lui a parlé théâtre et cinéma, puisqu’elle aime ça, et il est prêt à la recevoir pour un rendez-vous torride.
2 Mais avant… il ne l’a quand même pas acheté pour rien ce philtre d’amour qui lui a valu sa beigne. Il avale d’un trait une dose de philtre d’amour 8,5 et entend la sonnette de l’entrée.
Il va la séduire comme une fleur, la Daphnée.
3. Il arrive la bouche en sucre
–Ah, bonjour mlle Millet. Quel bon vent vous amène ?
-Le même qui fait voler autour de vous ces cœurs ridicules et se recourber les fleurettes que vous piétinez sans pitié.
Rha, il aurait dû s’en douter. La vieille a trafiqué le philtre. Et il a payé ça plus de 1000$, puisque dans sa grande naïveté il en a achetés trois flacons.
C’est pas possible, il doit y avoir maldonne ! Il a dû le boire trop vite, il ne fait pas encore d’effet.
4. Il passe outre l’avertissement et essaye de braver le sort en l’invitant pour un slow.
Ne lui a-t-elle pas dit qu’elle adorait la danse ?
-Un slow ? et puis quoi encore ? Je ne danse jamais le slow avec quelqu’un qui se planque derrière des lunettes noires. Où est passé votre regard magnétique ?
Décidément, le philtre n’a que des effets pervers.
-Ah, heu, les lunettes… j’ai pris un coup d’arc dans l’œil en mettant le point final à mon invention révolutionnaire.
-C’est quoi encore, que cette invention ?
-Entrez donc, je vais vous en parler.
5. Bien que sceptique Daphnée l’a suivi à l’intérieur.
-Alors ? Cette invention ?
-J’aimerais vous la montrer, mais pour le moment, c’est top secret. Excusez-moi pour les lunettes, mais vraiment, je souffre le martyre. J’ai des yeux de lapin russe qui aurait choppé la myxomatose. Je ne peux pas les enlever.
J’en étais sûre, il essaye encore de jouer son petit malheureux.
Daphnée tombera-t-elle dans un piège aussi grossier ?
Entre deux prises : Musique piquée au jeu « Qui veut gagner des millions ».
6 Incroyable, ça marche !
Ca c’est fou !
Autant elles sont méfiantes quand Aldon Juan roule des mécaniques, autant elles se sentent fondre quand il se plaint de ses petits bobos.
-Mais il fallait le dire tout de suite, mon pauvre Juan. Vous souffrez vraiment beaucoup ?
-Si je souffre ! C’est rien de le dire. Mais savez-vous ce qui me soulagerait, là-tout de suite ?
-Nan, quoi donc ?
-Approchez Daphnée, approchez, je m’en vais vous le dire à l’oreille.
7. Oh le sale type ! Il ne lui explique rien du tout, mais il essaye de lui arracher un baiser par surprise. Ca pourrait te coûter cher, ça, Aldon Juan, si Daphnée n’avait pas pitié du pauvre infirme que tu prétends être.
-Tout doux, Juan, tout doux !. Prenons le temps de mieux nous connaître.
Vous vouliez danser un slow, tout à l’heure. Si ça tient toujours, je suis partante.
On voit que le filtre d’amour a cessé d’agir.
8. Aldon Juan est un excellent danseur de slow. Ca fait partie de son bagage de séducteur. C’est bien pour ça qu’il était si pressé de le mettre en pratique. Après un slow langoureux, Daphnée est mûre pour le baiser langoureux.
03.02.06
B/4 Les bijoux de famille d’Aldon
STOP c’est la pause ! Tigresse en vue, on arrête tout !
Je peux vous dire qu’il pense à regarder dans la rue maintenant, le don Juan.
Et la Denise qui est venue lui piquer son journal, en sera pour ses frais.
Pas de flagrant délit, nan-nan-nan !
Daphnée repartie sur sa tournée, Aldon Juan fait ses comptes.
-Je disais donc, trois fois crac-crac avec Déborah, ça me fait 6 points de séduction, deux baisers langoureux, et deux rescapés de la semaine dernière, me voilà à 10.
Mes affaires reprennent, on dirait ! Pour bien faire, je devrais conclure ce soir avec Daphnée.
Ah, et puis que je n’oublie pas de garder le contact avec ma fiancée. -Comment elle s’appelle déjà celle-la ?-
Ah-oui, j’y suis, c’est Marilène. Pfuit je me demande ce qui m’a pris de me fiancer si jeune, je devais être bourré.
Mais pour le moment, je vais téléphoner à Denise, elle commence à me courir avec ses poubelles renversées, mes journaux qui disparaissent et les simflouzes qu’elle court me piquer si j’ai le malheur de la saluer. Elle devrait finir par comprendre qu’elle et moi, c’est de l’histoire ancienne.
Le soir venu, il invite Daphnée dans le plus grand restaurant : Le Londoste.
Non, il n’a pas gagné à la loterie, mais à force de le voir traîner en ville, les commerçants ont remarqué le bon client qu’il était et lui ont offert un bon pour dîner, dans un restaurant de son choix. Tant qu’à faire, il a choisi le meilleur.
Bien vu, Aldon Juan. Daphnée est très impressionnée.
Elle lui caresse la main machinalement.
-Oh, Juan, toi au moins, tu sais vivre. Quand tu invites, tu ne te moques pas du monde.
Il se rengorge, c’est du tout cuit. Mais…
Mais en lui caressant la main, Daphnée est tombée sur la chevalière.
-Qu’est ce… Tu n’es pas fiancé au moins Aldon Juan ? Tu ne m’aurais pas caché ça !
Il s’empresse de cacher ses mains sous la table
-Fi-fiancé ? Ah-mais pas du tout, tu te trompes complètement, tu fais erreur, c’est une méprise, un regrettable malentendu. Moi, fiancé ? Et avec qui ? Tu peux me le dire ?
Ben-non, elle ne peut pas. Déjà que lui, il a du mal à s’en rappeler.
-Ah, tu vois bien. La chevalière, c’est un de mes bijoux de famille.
Et j’en ai d’autres que je te montrerai si tu veux.
Daphnée, comme beaucoup de femmes, est curieuse.
A la sortie, elle lui rappelle sa promesse.
-Aldon Juan, tu ne m’avais pas parlé de me montrer tes bijoux de famille ?
-Ah-mais si. Mais-si-mais-si !
Tu m’accompagnes à la maison ? Je te les montrerai dans la voiture.
Je ne sais pas à quoi elle s’attendait, mais Daphnée n’a pas été déçue.
Finalement, les bijoux de famille d’Aldon Juan ont fait leur petit effet. Et vous me croirez sur parole si je vous dis qu’une fois rentrés, il lui a montré par deux fois dans le lit et dans la baignoire folamour qu’il avait les mêmes à la maison ?
Si je compte bien (vérifiez) 10 et 4 font 14 et 2 font 16 points de séduction.
Aldon Juan a sauvé l’honneur. Le cousin Pierrot devra s'accrocher pour le détrôner.
Le lendemain Aldon Juan taille ses petits arbustes en râlant après la jardinière. Décidément, elle n’est bonne à rien.
Non seulement le jardin est pourri, mais elle lui raccroche au nez quand il veut lui en parler.
Et voilà la hyène, une fois de plus qui vient de renverser sa poubelle et lui lance des sorts.
- Par Belzébuth et Lilliput, cafards croissez, multipliez, et Aldon Juan, terrassez !
Le résultat ne se fait pas attendre, Aldon Juan est frappé par une terrible maladie.
Pour une fois, ce n’est pas du chiqué, il tousse comme un perdu et se tord de douleur.
Il lui faut du repos, beaucoup de repos.
Mais quand trouverait-il le temps de se reposer ?
Heureusement qu’il a sa machine infernale.
Le jus de cervelle et la sauce de pizza molle n’auront jamais autant servi.
Alors, il embauche une bonne. Si la vieille remet ça avec la poubelle, elle pourra ramasser les ordures pendant qu’il sera au travail.
Tout en évaluant mentalement la taille des bonnets du soutien gorge : (80 ? 85 ?) Aldon Juan s’apprête à lui donner ses instructions.
– Je ne suis pas un patron exigeant et je ne serai pas trop regardant… sur le ménage, si vous êtes aimable avec moi.
–Mais… je suis toujours aimable avec les patrons monsieur Aldon. J’ai des références ! Demandez à monsieur Sympa, s’il a jamais eu à se plaindre de mes services, se récrie kérine Hébert.
Aldon Juan est rassuré. Si ce coureur de Daniel Sympa en a fait son affaire, c’est signe que la bonne est bonne.
Mais… ne serait-ce point la toute charmante Carmen Muller qui est revenue le débarrasser de ses cafards ?
Aldon Juan s’en veut un peu de sa conduite lors de leur dernière rencontre. Il a failli à tous ses devoirs.
Il décide de s’en excuser et lui propose une virée en ville.
04.02.06
B/5 Une journée pour chasser le cafard
A ces mots, la charmante, qui se sentait cafardeuse, laisse éclater sa joie.
-Un rendez-vous ! Tu me proposes un rendez-vous, toi le tombeur du quartier ? Si on m’avait dit que ça m’arriverait un jour ! J’ai trop de veine, oh, merci, merci, merci !
Aldon Juan, tu vois ce qui te reste à faire. Ne la déçois pas ! Montre-toi à la hauteur de ta réputation.
Il ne la décevra pas, après quelques blagues salaces et du rentre-moi dedans sans fioritures, Carmen est mûre pour le baiser langoureux.
Score : 17 points.
Il poussera même la galanterie jusqu’à lui offrir une séance très spéciale dans la cabine d’essayage.
Prestation qui lui vaudra les applaudissements du jury.
Aldon Juan est vraiment un séducteur hors classe quoiqu’en disent les mauvaises langues. La jalousie fait vraiment raconter n'importe quoi, des fois !
Score : 21 points.
Carmen cachait bien son jeu. Sous des dehors austères couvait un tempérament de braise.
-Quel rendez-vous, Aldon Juan, c’est tout simplement paradisiaque. J’en reprendrais bien une rincette.
-Qu’à cela ne tienne ma toute charmante, je reste à ta disposition. Mais… si nous le poursuivions à la maison, je vois dans mon dos une vieille connaissance très à cheval sur les principes. Je ne voudrais pas la choquer.
Il n’y a pas si longtemps que la Denise a cessé ses persécutions.
A la maison, le rendez-vous tient encore toutes ses promesses.
Aldon Juan et Carmen goûtent un repos bien mérité après une nuit torride.
Score : 22 points.
Mais il n’est si bonne compagnie qui ne se quitte et le jour va se lever. Il est temps de dire adieu à Carmen. Aldon Juan est revenu sur ses a-priori sur la charmante et il le lui fait savoir.
-Tu en as des talents cachés, dis-donc !
-Mais tu n’as pas tout vu, Aldon Juan. Tu as déjà essayé dans la baignoire ?
-Dans la baignoire ? Dans-la-bai-gnoire ! Quelle imagination Carmen !
(faux jeton, va !)
Carmen est persuadée de lui avoir appris quelque chose, il serait malvenu de lui ôter ses illusions.
Score de la 2ème semaine : 23 points.
Aldon Juan s’est fait embaucher à la supérette du quartier. Il a quitté l’armée sur un coup de tête. Ses hommes, n’étaient que des bons à rien. Il a voulu leur donner une leçon en les faisant défiler en sous-vêtements. Il aurait dû leur confisquer leurs fusils et les remplacer par des baguettes de pain, d’après le colonel Maxis, qui a remis en doute son charisme. Il lui a donné sa démission dans la minute.
De temps à autres, Marilène se rappelle à son bon souvenir.
-Mais non, je ne t’oublie pas Marilène, c’est que je suis très occupé. Tous ces disques à ranger, c’est pas rien. C’est pour notre avenir que je travaille. Hein ?… non, pas encore chérie. Je veux t’offrir un cadre digne de toi, après, après seulement, on pourra se marier.
Pfiou, j’ai vu l’heure qu’elle allait rappliquer. C’est que j’ai prévu autre chose pour ma soirée, moi !
08.02.06
B/6 Pauvre petit nange
. Il a prévu de s’embaucher une barmaid pour lui tout seul. Mais Célia Delabert ne s’en laisse pas conter. Il a beau essayer de la distraire en faisant le singe, elle reste de marbre avec son plateau. Professionnelle jusqu’au bout des ongles.
Nan, il ne prend pas de râteau, elle se contente de le toiser d’un air supérieur qui lui tape un peu sur les nerfs. Mais pour qui elle se prend, cette barmaid ?
Des nanas, il n’a qu’à claquer dans les doigts pour en avoir des pas pimbêches, des qui apprécient son humour gras subtil et qui se pâment pour ses sous-vêtements. Alors… Alors, le lendemain il décide d’inviter Marie Noëlle au rétro café. Marie Noëlle, vous savez, la livreuse de pizzas. Il en a consommé des pizzas pour alimenter son invention, donc ils ont eu le temps de faire connaissance.
Zut, Déborah !
Il commence par critiquer la mère Ladentelle
-Figure toi qu’elle aurait voulu … psittt psittt psittt…comme la Vierge Marie. Mais elle a beau montrer patte blanche dans le bénitier tous les dimanches, elle attend encore l’ange Gabriel.
Tout à ses considérations métaphysiques, Aldon Juan n’a pas remarqué la présence de Déborah derrière le comptoir.
Mais Déborah, qui remplaçait une copine pour la soirée, l’a vu venir de loin, elle.
A peine, à peine, s’est-il approché de l’hôtesse pour se faire placer à table, qu’elle lui saute dessus en hurlant.
-Ah mon fumier, tu oses te pointer dans mon bar au bras d’une de tes conquêtes ! Tiens, tu l’as pas volée, celle-la !
Et elle lui refile une beigne qui ne le réconciliera pas avec les étoiles de si tôt. C’est la chute libre : 13 points
.
Il tente de lui expliquer qu’il n’a même pas encore essayé de la draguer, Déborah ne veut rien entendre. Elle est encore pire que Denise, il lui suffit de savoir qu’il a osé donner rendez-vous à une autre pour la mettre sur le pied de guerre.
Dernier recours : la soudoyer en lui refilant une fortune : 50 $. -Bon, je vous laisse tranquilles… pour le moment… C’est le « pour le moment », qui coince.
Regardez le pauvre ange, il n’ose même plus s’approcher de Marie. Il s’est installé à 1 Kilomètre. Allez faire du pied à quelqu'un à cette distance, vous ! Ca devrait éclairer Déborah sur la pureté de ses intentions.
Mais il ne faudrait pas que Marie se sente délaissée.
A défaut du lit, il a sorti ses oreillers. Une petite bataille bien innocente que pourtant Déborah abhorre. Elle ne les lâche pas d’une semelle. Je sens que l’ange y laissera des plumes.
De batailles d’oreillers en chatouilles, il a réussi à prolonger la soirée et proposé à sa nouvelle conquête d’aller voir ailleurs si le loup y était.
Le goujat l’emmène au magasin de vêtements où, il n’y a pas si longtemps, il avait invité Déborah. Une sorte de vengeance.
Et puis, là au moins, les vendeuses sont des ados, il ne risque pas de tomber sur un os.
Marie se méprend sur ses intentions. Elle croit qu’il va lui acheter une robe.
Et elle lui donne un baiser langoureux pour lui prouver sa gratitude anticipée.
Et lui, il empoche le baiser langoureux sans se faire prier.
Score : 14 points
Aïe caramba !
Aldon Juan s’est dirigé droit vers le rayon pour hommes et il s’est déniché une petite tenue d’hidalgo… je ne vous dis que ça ! Il se pavane
-Comment tu me trouves ?
Marie semble un peu déçue elle aurait préféré sa robe
-Ri-di-cu-le ! laisse-t-elle tomber. Si tu n’enlèves pas ça tout de suite, je ne te connais plus, Aldon Juan.
-Ah-bon ! Je le trouvais pas mal, moi, ce costume.
Ca m’en a tout l’air, en effet.
Oui-mais, la tenue d’hidalgo, une fois moulé dedans, c’est pas si facile d’en sortir.
Il appelle Marie à l’aide.
Surmontant sa déception, elle le rejoint dans la cabine.
Mais… Oh, le cochon ! C’était une ruse !
On ne l’avait pas vue venir celle-la.
Score : 18 points
Aldon Juan, c’est comme le nutella, une fois qu’on a mis le nez dedans, on ne peut plus s’en passer. Et Marie a accepté avec empressement de boire un dernier verre chez lui.
Ca tombe bien, il restait des cocktails que Célia avait préparés.
En femme avisée, elle a repéré
-T’es pas mal installé, dis-donc, DEUX canapés ! T’as combien de pièces dans cette maison ?
C’était LA question à ne pas poser. Comme tous les prédateurs, Aldon Juan flaire le danger.
-Bof, c’est pas si grand qu’il n’y paraît. T’as presque tout vu -(ne pas lui parler de la pièce aux simflouzes, ni du cellier où je planque ma machine)- il reste ma chambre, je te la montrerai après manger.
Au menu, une bonne platée de nouilles, ils avaient dû expédier le repas au café rétro et étaient restés sur leur faim.
–J’ai cru voir que tu avais un jacuzzi dans le jardin, j’irai bien y faire trempette, tu me rejoins ? a proposé Marie.
Ooooh, décidément, elle a l’œil américain. Elle remarque tout ! C’est mauvais signe. Faut que je m’en débarrasse vite-fait. J’ai horreur des femmes qui se sentent des âmes de propriétaires sitôt qu’elles couchent avec le patron.
Mais une fois dans le bain, enivré par un parfum de fleurs, qui ne semble pas venir du jardin, il oublie ses bonnes résolutions.
Score : 19 points.
Après la baignoire, chose promise, chose due, il a fallu lui montrer la chambre. Et forcément, il a fallu qu’elle étrenne le lit. Enfin… c’est ce qu’elle a cru, du moins. Score de la 3ème semaine : 20 points (Comment je fais ? J’ai plus de doigts de pied !) –Il faudra qu’on change de lit, les ressorts sont tout déglingués La dernière remarque de Marie, avant de sombrer dans le sommeil, ne cesse de hanter Aldon Juan. Il avait vu juste ! Elle compte bien s’installer ici. Oh-mais, ça, il n’en-est-pas-question ! Il mûrit son plan d’attaque. Pssst, voyez-vous ce que je vois par la fenêtre ? Hé-oui, mon pauvre Juanito, Déborah n’a pas été dupe de tes airs d’innocent angelot. Son deuxième prénom, c’est Méfiance ça elle te l’avait caché. Elle vous a suivis jusqu’ici, et elle a été fixée.
Tu n’as pas fini de la ramasser, ta poubelle, mon grand !






































































